Asthme : comment éviter les récidives ?


Mieux prendre en charge les crises graves d’asthme pour réduire leur fréquence: c’est l’objectif des spécialistes qui déplorent qu’on puisse encore mourir de cette maladie.

 

4 millions de Français, enfants et adultes, souffrent d’asthme. Cette maladie inflammatoire des bronches génère  100 000 hospitalisations et 1000 décès par an.  Elle se manifeste par des crises : à l’intérieur des poumons, les bronches se contractent, l’air a du mal à circuler, du coup les patients ont des difficultés à respirer, ils s’essoufflent et se fatiguent. Le message des pneumologues et des urgentistes est clair : il faut savoir faire la différence entre une crise banale, et une crise grave. « Le patient peut reconnaître une crise grave car elle est inhabituelle, avec des difficultés respiratoires majeures et des difficultés à parler. Surtout elle ne répond au traitement habituel. Lorsque c’est le cas, il ne faut pas venir par ses propres moyens aux urgences, on risque de s’aggraver pendant le transport et cela peut avoir des conséquences dramatiques. Il faut appeler le 15 pour que les secours prennent en charge le patient à son domicile », explique le Dr Sergio Salmerone, chef du service de pneumologie et d’allergologie de l’hôpital Saint-Joseph à Paris.

 

L’éducation thérapeutique au premier plan

 

La prise en charge de l’asthme aux urgences est efficace dans la grande majorité des cas. Mais la situation de 30% des patients s’aggrave le mois suivant. « C’est pourquoi on recommande, huit à  quinze jours après la sortie des urgences pour crise grave, un parcours de soins avec une consultation post-urgence avec un pneumologue. Et un programme d’éducation thérapeutique : le patient est pris en charge par des infirmières spécialisées qui vont lui délivrer un grand nombre d’informations sur la nature de sa maladie, sur les événements qui déclenchent les crises, et la façon de les gérer », souligne le Dr Salmerone. Quand ce parcours est respecté, on observe un taux de retours aux urgences inférieur à 10% alors qu’en moyenne, après le passage aux urgences pour une crise grave, 40% des patients connaissent des récidives qui les amènent à revenir. Ce parcours de soins permet aussi de réduire les décès par asthme : décès qui, rappelons-le, sont aujourd’hui évitables.

 

Brigitte-Fanny COHEN