Le retour des pollens


Le printemps est de retour et avec lui les allergies au pollen ! Yeux qui grattent, nez qui coule, gorge qui pique, éternuements… Les experts s’inquiètent de la progression alarmante de ces allergies.

 

20 millions de Français souffrent d’allergies respiratoires. Elles se traduisent par une rhinite allergique –le fameux rhume des foins- ou un asthme. Une forte proportion d’entre elles est provoquée par des pollens. Pollens jugés plus nombreux et plus agressifs que par le passé. Les spécialistes accusent tout d’abord la pollution atmosphérique. Les polluants que l’on respire fragilisent les muqueuses nasales et les bronches: ce qui facilite la pénétration des pollens. D’autre part, les particules fines émises par les moteurs diesel se fixent sur certains pollens –notamment ceux de bouleau- et les rendent plus agressifs. Sur le banc des accusés, on trouve aussi le réchauffement climatique : sous l’effet de températures plus élevées, certaines plantes très allergisantes comme l’ambroisie gagnent du terrain. Et les hivers plus courts favorisent des saisons polliniques plus longues. Autre accusé à prendre en considération: la politique des villes. Certaines municipalités, pour des raisons esthétiques, plantent des arbres allergisants, comme les bouleaux et les cyprès, et certaines plantes à risques comme les graminées.

 

Un traitement efficace

 

Le problème, c’est que les allergies respiratoires ne sont pas toujours bien prises en charge. Et les rhinites allergiques non soignées peuvent se transformer en asthme. Comment faire face ? « Le diagnostic se fait sur l’observation des symptômes et l’interrogatoire du patient. Mais aussi sur les tests allergologiques, afin de déterminer le pollen responsable. C’est ce qui va permettre de mettre en route un traitement médical (antihistaminiques, bronchodilatateurs,  corticoïdes inhalés) et de proposer des mesures d’éviction : porter des lunettes de soleil et un chapeau à visière pour protéger ses yeux et éviter la conjonctivite, laver ses cheveux le soir pour éviter de respirer les pollens que l’on pourrait disséminer sur son oreiller… », explique le Pr Justine Just. L’allergie aux pollens peut disparaître grâce à une désensibilisation : avec des doses progressives de l’allergène responsable -bouleau, cyprès, graminées, herbacées- le patient pourra finalement tolérer ce pollen, source de tant de désagréments. Lorsque l’allergène est bien identifié, ce traitement est efficace dans 70% des cas.

 

Brigitte-Fanny Cohen