Attention aux crèmes éclaircissantes !


La Mairie de Paris a lancé une campagne d’affichage dans les transports pour lutter contre une pratique à risque, répandue dans la communauté africaine : le blanchiment de la peau

 

Selon la Mairie de Paris, environ 20% des Africaines utilisent des crèmes éclaircissantes dans la capitale. Objectif: avoir le teint plus clair. C’est un signe de chance, de beauté et de santé dans certaines régions du monde. Mais cette pratique est interdite en France, à cause des risques provoqués par l’hydroquinone, contenue dans ces produits. « Il s’agit d’une molécule chimique qui agit en empêchant la fabrication du pigment, la mélanine. La peau ne s’éclaircit pas immédiatement car il faut que le pigment existant s’élimine. Ensuite la peau devient de plus en plus claire, jusqu’à obtenir des résultats très significatifs », explique le Dr Pierre-Patrice Cabotin, dermatologue à Paris. Mais lorsqu’on arrête d’utiliser ces crèmes à l’hydroquinone, les processus de pigmentation reprennent et la coloration initiale peut revenir.

 

Des risques essentiellement esthétiques

 

Même si elles sont interdites, ces crèmes se vendent sur les marchés africains de Paris. Certaines sont très fortement dosées en hydroquinone. Plus les concentrations sont élevées, plus les risques sont majorés. « Il peut y avoir une destruction des cellules pigmentaires, avec l’apparition de petites taches blanches arrondies sur le visage, qui sont le plus souvent définitives. On peut aussi observer des dépôts de pigments en profondeur, qui forment de petits granulomes définitifs. A la longue, la peau prend une coloration un peu jaunâtre, avec des zones grisées difficiles à traiter », poursuite le Dr Cabotin. En empêchant la production de mélanine, la peau peut aussi perdre sa protection naturelle contre les rayons du soleil. Une fragilité pouvant théoriquement ouvrir la porte à des cancers de la peau. « A l’heure actuelle, il n’y a pas de possibilité d’éclaircir sa peau sans prendre de risque, affirme le Dr Cabotin. Si vous luttez contre la nature, elle finira toujours par se venger ».

 

 

 

Brigitte-Fanny COHEN