Bouger pour booster sa mémoire


Avec l’avancée en âge, la mémoire peut nous jouer des tours. Une étude scientifique vient de démontrer par quels mécanismes l’activité physique pouvait améliorer les facultés intellectuelles

Clés de voiture ou le téléphone égarés, difficultés à trouver un mot … Après 65 ans, beaucoup de personnes ressentent des troubles de la mémoire. Pas de raison de s’inquiéter quand ces troubles restent occasionnels. Les fonctions de mémorisation, tout comme les capacités physiques, s’amoindrissent avec l’âge. Mais ce n’est pas une fatalité. Une étude américaine, publiée dans la revue Neurology, affirme qu’il faut bouger pour stimuler son cerveau. Et en décrypte les raisons. « Cette étude montre que les personnes qui pratiquent régulièrement un sport ont un taux d’acétylcholine plus élevé : c’est un neuromédiateur très impliqué dans le traitement des informations liées à la mémoire. On sait que, chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer, ce taux est très réduit. En d’autres termes, lorsque l’on est actif physiquement, on améliore sa mémoire », explique le Dr Olivier Deladoucette, psychiatre, président de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer.

 

150 minutes hebdomadaires

 

Notre cerveau est parcouru par des millions de vaisseaux qui lui apportent oxygène, glucose et nutriments essentiels. Bouger a également un effet  bénéfique sur ce réseau et donc, par ce biais, un impact positif sur la mémoire.  « Nous savons aussi depuis peu que le cerveau contient des cellules souches. Grâce à l’activité physique, ces cellules peuvent remplacer les neurones défectueux, en particulier dans les hippocampes qui sont des structures cérébrales impliquées dans les fonctions de mémorisation», souligne le Dr Deladoucette.  L’activité physique a donc de multiples actions bénéfiques sur les capacités cérébrales. Récemment l’Académie Américaine de Neurologie s’est prononcée : après 65 ans, il faut la pratiquer 150 minutes par semaine, soit deux heures et demi, réparties sur 3 ou 4 séances : marche rapide, vélo, natation qu’importe… Pour améliorer sa mémoire et préserver ses fonctions intellectuelles, c’est la bonne dose.

 

Brigitte-Fanny COHEN