Quand les mères craquent


Le burn-out ne concerne pas seulement des salariés sous pression. Des mères de famille, épuisées par l’ampleur des tâches quotidiennes, sont également touchées par ce phénomène.

 

C’est un problème peu connu, pourtant en nette progression et une psychanalyste le dénonce dans un livre* qui vient de paraître : le burn-out maternel. A ne pas confondre avec le baby blues, cette déprime transitoire qui peut survenir après un accouchement. Le burn-out maternel ressemble étrangement au burn-out  des salariés: ce syndrome d’épuisement professionnel, physique et psychique, qui peut parfois aboutir à une dépression sévère nécessitant une hospitalisation. Mais ici la cause n’est pas le travail, c’est la charge mentale qui pèse sur les femmes. « Quand une maman craque, c’est en général parce que la charge mentale est trop forte : elle assume toutes les responsabilités de la famille, autrement dit l’éducation des enfants, la bonne marche du foyer, sans compter son travail. Elle est donc l’objet de pressions multiples », souligne Etty Buzyn, psychanalyste à Paris.

 

La place des hommes

 

Les mamans qui élèvent seules leurs enfants sont plus à risque de faire un burn-out maternel. Mais en couple elles ne sont pas à l’abri non plus. « Les hommes sont en général moins investis que leurs compagnes car ils n’ont pas eu à traverser les différentes étapes qui font de la petite fille une femme : les bouleversements physiques, les règles, les grossesses. Moyennant quoi ils restent de grands enfants qui passent de leur mère à leur femme, avec les mêmes attentes du point de vue matériel», analyse Etty Buzyn. Souvent les hommes sont davantage dans le registre ludique avec leurs enfants, et leurs compagnes assument le reste. Mais quand la charge mentale est trop forte, la dépression n’est pas loin. «  La dépression est une forme d’anesthésie affective et physique qui empêche de faire front. Pour l’éviter, il est important que les hommes prennent une part de la charge mentale que les femmes endossent. Pour ce faire, il faut aussi que les femmes laissent à leurs compagnons un espace suffisant pour s’exprimer et prendre leurs responsabilités », précise Etty Buzyn. Bien sûr, il faut aussi fixer à ses enfants des limites. Bon nombre de mamans sont débordées par le comportement tyrannique d’enfants « rois ». C’est aussi une des façons de prévenir  le burn- out maternel.

 

Brigitte-Fanny COHEN

* « Quand les mères craquent » d’Etty  Buzyn, éditions Leduc