Fiche La réalité virtuelle pour arrêter de fumer


Le 1er Novembre commence l’opération « Mois sans tabac ». L’occasion de mettre un coup de projecteur sur une méthode peu connue pour arrêter de fumer: la réalité virtuelle.

 

On connaît désormais les techniques de sevrage tabagique dont l’efficacité a été démontrée par des études scientifiques : les substituts à la nicotine, la cigarette électronique, certains médicaments, la psychothérapie. Chacune prise isolément a des effets limités mais leur combinaison donne de meilleurs résultats. La liste devrait s’allonger avec l’arrivée de la réalité virtuelle. Il s’agit d’une thérapie qui s’inspire des thérapies cognitives et comportementales, utilisées à l’origine pour traiter les phobies : la claustrophobie, la peur des araignées, du vide… L’objectif est de se confronter progressivement à l’objet de sa phobie afin de l’apprivoiser et de s’en débarrasser. Même philosophie avec le tabac. « Le sevrage tabagique par la réalité virtuelle consiste à « désensibiliser » le patient : lui apprendre petit à petit à maîtriser sa consommation, mieux gérer son stress par des méthodes de relaxation et de respiration pour, au final, se libérer complètement de la cigarette », explique Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste.

 

Résiste !

 

Le patient est équipé d’un casque 3D, plongé dans des environnements virtuels qui sont aussi les situations « à risques » qu’il redoute : une soirée entre amis, une pause café, un bar de plage où il est tentant d’allumer, comme les autres, une cigarette. Le principe est celui du jeu vidéo, à la différence que le patient en est le personnage principal et qu’il est guidé par le thérapeute qui suit ses déplacements sur son ordinateur. « Graduellement on l’expose à des situations de plus en plus difficiles, de plus en plus anxiogènes. Tout le travail consiste à comprendre comment résister aux sollicitations et à l’envie de fumer », poursuit Rodolphe Oppenheimer. Récemment une étude clinique, réalisée au CHU de Marseille, financée par la recherche publique, vient de livrer ses résultats. « Elle a porté sur 62 personnes qui ont bénéficié de 8 à 10 consultations en réalité virtuelle. 72% n’avaient pas rechuté au bout d’un an. Pour s’en assurer les médecins ont mesuré le taux de monoxyde de carbone dans leur respiration », s’enthousiasme Rodolphe Oppenheimer. Ces résultats très prometteurs devraient encourager davantage de candidats à l’arrêt du tabac à se tourner vers la thérapie virtuelle.

Brigitte-Fanny Cohen

 

http://mois-sans-tabac.tabac-info-service.fr

A lire : « Se libérer des troubles anxieux par la réalité virtuelle » du Docteur Eric Malbos, Rodolphe Oppenheimer et Christophe Lançon aux éditions Eyrolles