Crise cardiaque : la goutte d’eau qui fait déborder le vase


Chaque année en France, 120 000 personnes font un infarctus du myocarde. On en connaît bien les facteurs de risque, mais moins les facteurs déclenchants.

 

Infarctus du myocarde ou crise cardiaque : deux termes pour désigner  le même accident. Un caillot qui bloque une artère du cœur et qui prive les cellules du cœur d’oxygène, sur une zone plus ou moins étendue. Il s’agit d’une urgence à prendre en charge très rapidement pour éviter des complications, voire un décès. Bien sûr, il faut agir de façon préventive en évitant les facteurs de risque qui favorisent la formation d’un caillot sanguin : tabagisme, mauvais cholestérol, hypertension, diabète, obésité… Mais lors d’un infarctus, il y a souvent un élément déclencheur, notamment chez les cardiaques qui n’ont pas encore été diagnostiqués et qui s’ignorent. Cet élément peut faire basculer brutalement la situation et permettre à la crise cardiaque de survenir.

 

Attention : amour, gastronomie et sport

 

« Par exemple, un repas abondant peut être dangereux chez une personne à risque, surtout s’il est très gras, salé et alcoolisé. Il peut entraîner une poussée de tension artérielle et une accélération du pouls pouvant déclencher une crise cardiaque. C’est rare heureusement mais un rapport sexuel peut avoir le même effet : l’acte sexuel est un effort relativement modéré mais chez le patient cardiaque, qui n’est pas compensé par un traitement adéquat, une crise cardiaque peut survenir après l’orgasme », souligne le Dr Fabien Guez*, cardiologue à Paris. On le sait peu mais une consommation de cocaïne multiplie par 28 le risque de crise cardiaque : cette drogue fait monter la pression artérielle, resserre les vaisseaux sanguins et augmente la coagulation du sang. « Un stress important, une grosse colère par exemple, multiplie par 8 à 10 la possibilité de déclencher un infarctus par une sécrétion d’adrénaline, une poussée de tension, un spasme des artères. Attention aussi aux activités sportives pratiquées de façon brutale chez les personnes à risque cardio-vasculaire : le risque est encore augmenté si on a fumé juste avant ou juste après l’effort, et si on pratique dans une atmosphère polluée », poursuit le Dr Guez. Attention aussi aux préjugés: les hommes n’ont pas le privilège de l’infarctus. 55% des Français qui meurent d’une crise cardiaque sont des femmes !

 

Brigitte-Fanny COHEN

* Comment (ne pas) avoir une crise cardiaque par le Dr Fabien Guez aux éditions Hugo Doc