Migraine : l’espoir d’une nouvelle classe de médicaments


Un réel espoir pour les patients qui souffrent de migraines récalcitrantes : une nouvelle famille de médicaments pourrait les soulager.

La migraine, ce n’est pas un banal mal de tête mais une maladie à part entière. Avec un coût estimé en France à 3 milliards d’euros par an. Sans oublier 15 à 20 millions de journées de travail perdues chaque année. D’ailleurs l’OMS a classé la migraine parmi les vingt maladies les plus invalidantes socialement. Les patients souffrent de douleurs puissantes, qui s’accompagnent souvent de nausées ou de vomissements. Ils ne supportent ni la lumière, ni le bruit pendant les crises. Si ces dernières ne sont pas traitées, elles peuvent durer de 4 à 72H. « Pour les prendre en charge, on utilise principalement des anti-inflammatoires qui vont diminuer l’inflammation de petits vaisseaux dans le cerveau. Ou les triptans : des médicaments qui réduisent le calibre de ces petits vaisseaux dilatés au cours de la crise », explique le Dr Danièle Ranoux, neurologue à l’hôpital St-Joseph à Paris.

Un médicament original

Mais le mieux, c’est d’éviter les crises. C’est pourquoi les migraineux se voient prescrire un traitement de fond : un traitement pris sur plusieurs mois ou plusieurs années pour espacer les crises et tenter de retrouver une vie normale. « Les migraineux sont tous différents. Certains prendront des béta-bloquants, d’autres des anti-épileptiques ou des antidépresseurs à faibles doses. Tous ces médicaments agissent aussi contre la migraine », souligne le Dr Ranoux. Mais certains patients ne sont pas améliorés par les traitements de fond habituels et continuent de multiplier les crises. C’est pourquoi une nouvelle classe de médicaments suscite l’intérêt des spécialistes. Ils seront présentés lors d’un congrès international à Vancouver du 7 au 10 septembre. « Ce sont des « anticorps anti-CGRP » : le CGRP est une molécule que les migraineux sécrètent en excès lors des crises et qui est responsable de la douleur. L’idée, c’est de la neutraliser avec des anticorps qui vont se fixer sur cette molécule et l’inactiver. Selon les dernières études, ces anticorps semblent bien tolérés et nécessitent juste une injection mensuelle », poursuit le Dr Ranoux. Ce nouveau traitement de fond n’est pas encore disponible. Et, lors de sa commercialisation, il sera vraisemblablement réservé aux patients qui ne sont pas soulagés par les médicaments habituels.

Brigitte-Fanny COHEN