Une petite révolution dans la politique vaccinale


Le Premier ministre a confirmé son intention de rendre obligatoires 11 vaccins pour les enfants de moins de deux ans. Une décision qui fait polémique.

 

Les vaccins pour la petite enfance deviendront obligatoires dès l’an prochain. C’est l’annonce faite par le Premier ministre, Édouard Philippe, lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale début Juillet. Un changement de taille, préconisé par la ministre de la santé, Agnès Buzyn. Aujourd’hui, seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite. En 2018, huit autres le seront également, alors qu’aujourd’hui ils ne sont que recommandés : coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C.

 

Plus de clarté

 

Il faut dire que cette coexistence de vaccins «obligatoires» et «recommandés» semait le trouble auprès du grand public. Beaucoup de parents en déduisaient -à tort- que les seconds étaient moins importants que les premiers. Cette décision, que rejettent évidemment les associations antivaccins, conforte de nombreux professionnels de santé qui se sont mobilisés depuis plusieurs mois en sa faveur. Elle devrait permettre de répondre à une situation préoccupante en France.  L’objectif est de lutter contre le faible taux de couverture vaccinale, qui résulte la plupart du temps d’un sentiment de défiance par rapport aux effets secondaires de certains vaccins, supposés ou réels. Cette obligation vaccinale devrait contrer la réapparition de certaines maladies potentiellement graves, comme la rougeole, qui a causé la mort de 10 enfants depuis 2008. « Il est inadmissible que des jeunes de moins de 25 ans meurent de méningites et de rougeole dans notre pays », s’est insurgé la ministre de la Santé. Pour faciliter l’accès à la vaccination, le gouvernement a aussi prévu des arguments financiers. Les 11 vaccins obligatoires seront intégralement pris en charge. L’Assurance maladie remboursera 65 % du prix, et les mutuelles le reste de la somme. Et même si les familles n’ont pas de mutuelle, il est prévu qu’elles  n’auront à supporter aucun frais supplémentaire.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN