Médecine esthétique : attention aux effets indésirables


Les autorités sanitaires ont lancé l’alerte à l’approche de l’été : attention aux appareils de médecine esthétique qui peuvent exposer à des effets indésirables parfois définitifs.

L’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) l’affirme : les études s’accumulent pour dénoncer les effets secondaires provoqués par des appareils de médecine esthétique. Notamment les lampes flash ou les lasers pour les épilations définitives. Mais aussi la cryolipolyse qui cherche à éliminer la cellulite et les bourrelets, avec des températures pouvant atteindre jusqu’à moins 12°C. Sur la sellette également : des appareils de radiofréquence pour combattre le relâchement de la peau. Certains de ces effets secondaires sont légers et transitoires. D’autres sont malheureusement plus graves et définitifs.

Mieux informer

« Les lasers et les lampes flash entraînent une augmentation de la température, ce qui peut provoquer des brûlures superficielles et passagères. Mais aussi des brûlures plus profondes qui peuvent laisser des cicatrices, des taches blanches ou foncées définitives », explique le Dr Isabelle Catoni, dermatologue à Neuilly (92). Les appareils de radiofréquence, mal utilisés, peuvent également provoquer le même type d’effets secondaires. « On traite les bourrelets graisseux par le froid avec des pièces à mains qui aspirent le bourrelet : on risque de créer un hématome car on serre très fort la quantité de graisse qu’on veut voir fondre. De plus, le froid intense risque de provoquer des brûlures superficielles ou profondes, voire des nécroses. On complète parfois la séance avec des appareils qui massent la zone traitée et peuvent détruire de petits vaisseaux, entraînant des rougeurs définitives », souligne le Dr Catoni. L’ANSES préconise de revoir le cadre réglementaire de ces actes à visée esthétique : par exemple donner, après la validation d’une formation, une autorisation aux médecins ou aux instituts de beauté qui ont recours à ces appareils. Entre des mains expertes, les risques sont fortement réduits. Mais il ne faut pas l’oublier: chaque individu est unique et réagit à sa façon. L’ANSES prévoit d’ailleurs de mettre en place «une information obligatoire préalable des usagers».

Brigitte-Fanny COHEN