L’activité physique contre les bouffées de chaleur


Bonne nouvelle : l’activité physique peut aider à réduire les bouffées de chaleur de la ménopause. C’est ce qu’affirme une étude scientifique réalisée en Espagne.

Chaque année en France 400 000 femmes entrent dans la ménopause. Une partie d’entre elles échappera aux bouffées de chaleur. Mais 65% seront touchées à des degrés divers: certaines ressentiront de temps à autre une brève sensation de chaleur et ne seront pas incommodées. A l’extrême, pour d’autres femmes, les bouffées de chaleur sont très gênantes, s’accompagnant de sueurs, voire de malaises. Le remède qui a démontré une réelle efficacité est le traitement hormonal de la ménopause. Mais beaucoup de femmes ne peuvent pas le prendre en raison de contre-indications médicales, d’autres le refusent car des études ont montré qu’il pouvait majorer le risque de cancer du sein.

Coup double

Par conséquent l’étude, menée par l’Université de Grenade, publiée dans la revue Menopause, apporte une alternative intéressante. Elle a porté sur 234 femmes ménopausées, âgées de 45 à 64 ans, et sédentaires depuis au moins un an. Elles ont rejoint un programme d’activité physique de 20 semaines. L’effort a payé. Et même doublement: au terme de l’étude, les volontaires ont perdu du poids et cet exercice physique a nettement favorisé un recul des bouffées de chaleur et des variations de l’humeur (tristesse, agressivité…). « L’activité physique réduirait les bouffées de chaleur en augmentant la température du corps. Et quand on augmente cette température, c’est un peu comme un thermostat : il semblerait qu’on soit moins sensible aux variations de température, et donc aux bouffées de chaleur », explique le Dr Julianne Berdah, gynécologue-endocrinologue à Paris. L’activité physique a une deuxième action sur ce symptôme gênant de la ménopause. « Elle augmente les hormones du bien-être sécrétées par le cerveau, ce qui permet d’avoir une perception moins importante et moins négative des bouffées de chaleur », poursuit le Dr Berdah. L’activité physique recommandée à la ménopause n’est pas, paradoxalement, la plus intense : il faut privilégier les mouvements du quotidien –par exemple marcher, monter les escaliers- et pratiquer parallèlement un sport d’endurance (course à pied, vélo, vélo d’appartement, natation…). Perdre du poids, réduire les bouffées de chaleur ou encore lutter contre l’ostéoporose et les maladies cardio-vasculaires: l’activité physique semble être l’antidote indispensable de la ménopause.

Brigitte-Fanny COHEN