Le cancer du poumon en questions


Johnny Halliday souffre d’un cancer du poumon et ses fans sont inquiets. Les récents progrès médicaux peuvent-ils les rendre plus optimistes ?

 

Le cancer du poumon est fréquent : 40 000 nouveaux patients sont diagnostiqués chaque année. Il a cette particularité de concerner 2/3 d’hommes pour 1/3 de femmes, mais c’est actuellement un cancer en progression chez la femme. En effet, nous voyons aujourd’hui les conséquences du tabagisme féminin se répercuter dans les chiffres du cancer. Rappelons que le tabac -y compris le tabagisme passif-  est l’une des grandes causes du cancer du poumon. Le cannabis est aussi un facteur de risque reconnu ainsi que d’autres substances comme l’amiante ou encore des toxiques impliqués dans la pollution atmosphérique.

 

Des traitements ciblés

 

Ce cancer est responsable d’environ 30 000 décès par an. Chiffre malheureusement élevé. Ce qui lui donne la réputation d’être de mauvais pronostic. « Si le cancer du poumon est diagnostiqué à un stade très évolué avec des métastases dans le foie ou le cerveau, le pronostic ne sera pas bon. En revanche, s’il est détecté à un stade localisé, on peut avoir recours à un traitement localisé –chirurgie, radiothérapie- et là le pronostic sera bon », rectifie le Pr Stéphane Oudard, chef du service de cancérologie médicale de l’Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris. On entend souvent que ce cancer est plus difficile à traiter chez les personnes de plus de 70 ans. « C’est plutôt vrai, mais il faut tenir compte de l’âge physiologique du patient : s’il est en bon état général, s’il est sportif, s’il n’a pas de maladies associées, cela ne sera pas plus difficile de le traiter qu’un patient de 50 ans », explique le Pr Oudard. Autre bonne nouvelle : les récents progrès en cancérologie permettent d’avoir une vision un peu plus optimiste du cancer du poumon. « Il bénéficie de nouveaux traitements : soit des médicaments « ciblés » qui vont viser directement les récepteurs à la surface de la tumeur, soit des molécules d’immunothérapie qui vont renforcer le système immunitaire du patient et le rendre plus efficace dans sa lutte contre les cellules cancéreuses», précise le Pr Oudard. Ces nouveaux traitements permettent d’améliorer la survie des patients de façon très significative.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN