Danser contre Parkinson


Les Grands Ballets Canadiens se produisent ce mois-ci en France et organisent à Paris un colloque sur la danse-thérapie. Une discipline particulièrement intéressante pour les patients atteints de la maladie de Parkinson.

 

La thérapie par la danse et le mouvement est apparue aux États-Unis dans les années 1940. Aujourd’hui, elle est utilisée soit en complément d’un traitement médical, soit en complément d’une psychothérapie. Et dans certains cas, comme une thérapie à part entière. La danse-thérapie a des indications très vastes : elle peut convenir à des malades qui souffrent de pathologies sévères comme Parkinson, Alzheimer ou encore la sclérose en plaques… Mais aussi à des personnes en bonne santé, qui privilégient une démarche de bien-être. Plusieurs équipes de recherche se sont notamment penchées sur les effets de la danse-thérapie -voire de la danse elle-même- sur les patients parkinsoniens.

 

Améliorer l’équilibre et le moral

 

A première vue tout oppose cette maladie et cette discipline. Parkinson évoque les tremblements, la raideur des membres,  la rigidité des mouvements, des troubles de la marche ou de l’équilibre. Au contraire, la danse représente la grâce, la souplesse, et l’assurance des pas. « Un des intérêts de proposer la danse à des patients atteints de Parkinson est de démédicaliser cette maladie : celui qui se rend à son cours de danse n’est plus un malade mais un danseur », explique le Pr Emmanuel Flamand-Roze, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. « Dans cette maladie, les patients sont comme prisonniers de leurs corps. La danse leur permet de se libérer de ce corps ». Les bénéfices de la danse sont difficiles à évaluer mais en général on observe des progrès, parfois même surprenants. « Il semble que la danse améliore la marche, les mouvements, l’équilibre, mais aussi des symptômes comme la dépression et la fatigue qui altèrent de façon importante la qualité de vie », poursuit le Pr Flamand-Roze. La danse-thérapie crée aussi du lien : des personnes qui vivent avec la même maladie se rencontrent et se comprennent. Les séances sont donc des moments d’échanges, de rires et de convivialité qui insufflent une dose de bonne humeur, si importante lorsque l’on souffre d’une maladie handicapante.

 

Brigitte-Fanny COHEN