Vraies et fausses promesses de la cryothérapie


De nombreux centres de thalassothérapie s’équipent de cabines de cryothérapie.

Objectif : traiter par le froid. Douleurs, surpoids, sommeil, stress… Quelles sont

les bonnes indications?

C’est un véritable phénomène de mode : les cabines individuelles de

cryothérapie attirent de plus en plus de curistes. Elles ressemblent à des cabines

de douche. On y entre tête nue -la tête est à l’extérieur- mais les pieds couverts.

Le curiste remplit avant un questionnaire de santé pour vérifier l’absence de

contre-indication. La séance dure trois minutes maximum, dans une cabine qui

procure une température pouvant aller jusqu’à -180 degrés. La cryothérapie était

auparavant réservée aux sportifs de haut niveau. D’ailleurs l’INSEP –l’Institut

National du Sport- utilise cette technique depuis 2009. Des études ont prouvé

qu’après une compétition, le fait de passer une à trois minutes dans le froid

extrême pouvait réduire la souffrance musculaire, améliorer la cicatrisation des

microlésions et permettre de récupérer plus vite physiquement. « La

récupération musculaire après effort, c’est la « top » indication de la

cryothérapie. Les séances diminuent la sensation de douleur, ainsi que les

réactions oedémateuses et inflammatoires après effort », explique le Dr Philippe

Collin, médecin du sport, au centre de thalassothérapie de La Baule.

Ni perte de poids, ni diminution de la cellulite

En faisant leur entrée dans les centres de thalassothérapie, ces nouvelles cabines

voient parfois leurs indications se multiplier : certains avancent que le choc

thermique déclencherait des réflexes de lutte contre le froid extrême -les

frissons- ce qui permettrait de dépenser jusqu’à 500 calories en trois minutes.

« C’est faux. L’INSEP a montré que cette exposition au froid intense ne fait pas

maigrir », affirme le Dr Collin. La cryothérapie ne permet pas non plus de se

débarrasser de la peau d’orange, même si elle semble s’accompagner d’une

légère perte d’eau. Certains prétendent que la cryothérapie pourrait stimuler les

hormones du bien-être comme les endorphines « En réalité pas d’effet démontré

sur le stress, la déprime ou les troubles du sommeil pour l’instant. Mais, selon

les études des rhumatologues de l’INSEP,  la cryothérapie soulage les douleurs

de la spondylarthrite ankylosante et de la fibromyalgie, avec une très bonne

efficacité à court terme et même à long terme. En revanche, ça n’est pas un

traitement du mal de dos ou de l’arthrose », précise le Dr Collin. Prix moyen de

la séance: entre 40 et 50 euros. Les séances peuvent s’inclure dans la palette de

soins d’une cure de thalassothérapie. Notamment les cures axées sur l’activité

physique, afin de favoriser la récupération après l’effort.

Brigitte-Fanny Cohen