Méthode kangourou : des bienfaits jusqu’à l’âge adulte


Plusieurs études scientifiques confirment les avantages du «peau à peau». Cette méthode diminue la mortalité infantile, favorise l’allaitement et pourrait même avoir un retentissement positif durant l’enfance et l’adolescence.

C’est un premier contact qui permet de créer un lien d’attachement pour la vie. Placé sur le torse de sa mère, le nouveau-né entre au monde en douceur, et si on le laisse faire, atteint seul le sein de sa mère. Apparue en 1978 dans une maternité de Bogotá (Colombie), à l’initiative de deux pédiatres devant faire face au manque de couveuses, la méthode kangourou -ou « peau à peau »- s’est développée à travers le monde. Elle est désormais proposée comme une alternative aux soins conventionnels pour les prématurés. De nombreuses maternités françaises ont ainsi créé des «unités kangourou» dans lesquelles les mamans – et aussi les papas- portent en quasi-permanence leur enfant sur le ventre, en contact direct peau contre peau, jusqu’à celui-ci ait suffisamment grossi.

Des bénéfices en cascade

21 études sur ce sujet ont été passées au crible par des scientifiques de la fondation Cochrane. Cette synthèse confirme les bienfaits de la méthode kangourou: diminution de la mortalité dans les premiers mois, des infections nosocomiales, des maladies des voies respiratoires ou encore de l’hypothermie. Si le « peau à peau » est pratiqué juste après l’accouchement, ou dans les 24 heures qui suivent, l’allaitement maternel a plus de chances d’être prolongé. Le suivi de ces enfants montre aussi des gains de taille, de poids et de tour de tête plus importants que ceux des autres prématurés placés uniquement en couveuse. Des résultats qui s’observent aussi bien dans les pays pauvres que dans le monde occidental. Une autre étude, réalisée en Colombie et publiée dans la revue Pediatrics,  évoque des bénéfices plus inattendus : « Les ex-bébés Kangourou, en particulier ceux des familles les plus pauvres, avaient une conduite moins agressive. Ils étaient moins impulsifs et hyperactifs», indiquent les auteurs. Les bienfaits de la méthode Kangourou pourraient donc se prolonger jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte.

Brigitte-Fanny Cohen