Récupération rapide après chirurgie : une révolution en marche


Dans certains services, les médecins préparent leurs patients  avant l’opération, un peu comme des sportifs à une compétition. Et ils les coachent après l’intervention. Objectif : sortir plus vite de l’hôpital.

Depuis une vingtaine d’années, la durée moyenne des séjours à l’hôpital diminue régulièrement. La chirurgie ambulatoire s’est d’ailleurs beaucoup développée. En 2013, quatre patients sur dix en ont bénéficié. Le principe : ils arrivent le matin pour se faire opérer et ressortent l’après-midi. Bien sûr, les médecins ne prennent pas de risques : la chirurgie ambulatoire est possible pour des interventions courantes ou simples, par exemple la chirurgie de la vue, des varices ou encore certains actes gynécologiques. Mais dans certains hôpitaux ou cliniques, on commence à pratiquer des interventions plus lourdes en ambulatoire -voire en réduisant le temps d’hospitalisation à une nuit – par exemple pour la pose d’une prothèse de genou ou de hanche, la chirurgie du colon ou encore celle de l’estomac pour les patients obèses.

 

Un nouveau concept: la réhabilitation améliorée

 

C’est ce que les spécialistes appellent « la réhabilitation améliorée ». « La première phase de ce programme consiste à préparer le patient comme un sportif à une épreuve pour qu’il se présente le jour de l’intervention dans les meilleures conditions physiques possibles. Pour la chirurgie de la hanche, on prescrit au patient des exercices de renforcement des muscles des jambes pour qu’il puisse se lever et marcher très rapidement en post-opératoire», explique le Dr Pascal Alfonsi, chef du service d’anesthésie à l’hôpital Saint-Joseph à Paris. Les pratiques en anesthésie ont également changé : les médecins utilisent des doses moins importantes de morphiniques ou d’opiacées pour faciliter un réveil rapide, ils ne demandent plus à leurs patients de jeûner plusieurs heures avant l’intervention, mais leur proposent une boisson sucrée jusqu’à deux heures avant d’entrer au bloc. « Après une chirurgie orthopédique, dès que le patient retourne dans sa chambre, on l’incite à manger et à marcher avec l’aide d’un kinésithérapeute: cela se fait sans douleur excessive, même si la hanche ou le genou viennent d’être opérés », affirme le Dr Alfonsi.  Toutes les études le confirment : ces programmes réduisent la durée de séjour à l’hôpital, ainsi que le nombre de complications post-chirurgicales… avec quelques économies de santé à la clef !

Brigitte-Fanny Cohen