Comment passer l’hiver sans déprime ?


Un coup de blues à l’arrivée de l’hiver ? Inutile de se précipiter sur les antidépresseurs. On peut le chasser autrement.

 

L’hiver, on peut se sentir un peu plus triste car la nuit arrive vite, on a moins envie de sortir, d’affronter le froid ou la pluie. Certains ont même avancé l’idée qu’il existerait une véritable dépression saisonnière due particulièrement au manque de luminosité, mais récemment une étude scientifique a remis en cause ce concept. Il n’en reste pas moins qu’on peut avoir une baisse de moral l’hiver. Bien sûr, ce coup de déprime – à ne pas confondre avec la dépression qui est une maladie installée- ne nécessite pas de prendre de médicaments. Les études les plus récentes montrent que nous avons, dans notre cerveau, une fabrique à bonne humeur. Il faut mettre en place des comportements qui vont lui faire sécréter des substances -ou neuromédiateurs- un peu euphorisantes.

 

Le nexting venu de Finlande

 

« Un moyen simple pour chasser la déprime l’hiver, c’est arrêter de fumer : la nicotine diminue toutes les molécules de la bonne humeur, notamment la sérotonine. C’est pourquoi fumer augmente le risque de déprime et de suicide. Deux à trois semaines sans tabac suffisent pour retrouver le moral », assure le Pr Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Bichat à Paris dans son nouveau livre*. Autre méthode : elle nous vient de Finlande et s’appelle le « nexting ». « Les Finlandais, qui connaissent des hivers très rigoureux, stimulent leur cerveau en imaginant ce qui se passera après l’hiver. C’est cela le « nexting » ou l’anticipation : penser à des images positives, par exemple aux prochaines vacances au soleil, permet de retrouver le sourire», poursuit le Pr Lejoyeux. L’art est aussi un très bon antidépresseur naturel l’hiver à condition de ne pas visiter un musée au pas de course. «  Il faut rester un bon moment devant une toile afin de méditer, de s’imprégner de ses couleurs, de son histoire. Cette contemplation va nous emplir d’émotions positives ». Enfin, pourquoi en pas faire le plein de cornichons et de choucroute ! Des études ont montré que les aliments fermentés stimulent la fabrication de sérotonine, l’hormone de la bonne humeur. Une étude chinoise affirme, quant à elle, que boire trois tasses de thé noir chaque jour, en augmentant les taux de sérotonine et de dopamine dans le cerveau, divise par deux le risque de déprime !

 

*« Les Quatre saisons de la bonne humeur », par le Pr Michel Lejoyeux, éd. Jean-Claude Lattès.

Brigitte Fanny-Cohen