Vue campagne, vue mer: c’est bon pour la santé !


Habiter à côté d’un parc ou d’un bois, c’est bon pour la santé mentale et physique ! Une étude scientifique vient d’en faire la démonstration.

 

Cette étude, publiée dans la revue Environnemental Health Perspective, a été réalisée par des chercheurs de Harvard. Pendant 8 ans, ces derniers ont suivi plus de  100 000 femmes américaines pour observer leur état de santé. Les scientifiques ont également utilisé l’imagerie satellite pour étudier la distance entre l’adresse de ces femmes et la présence de végétation. L’analyse de ces données a montré que plus les femmes  habitaient loin d’un point de verdure, plus le taux de mortalité était important. Cette association est encore plus marquée pour les décès d’origine respiratoire ou cancéreuse. Vivre dans un cadre verdoyant aurait donc des effets positifs sur la santé. « En effet, quand on habite près d’un espace vert, on bénéficie de plus de tranquillité, et par conséquent on note une diminution des hormones du stress comme l’adrénaline, et une augmentation des hormones de la bonne humeur comme la sérotonine. Du coup, le risque est moindre de souffrir d’anxiété, de déprime, de stress. C’est tellement vrai qu’une étude anglaise a montré que moins il y avait d’arbres dans une rue, plus les habitants consommaient des antidépresseurs », souligne le Pr Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Bichat à Paris.

 

Moins d’alcool et de tabac

 

Quand on vit dans un cadre verdoyant, on est moins stressé, et l’organisme en récolte les fruits : « quand on sécrète moins d’adrénaline, on est moins exposé aux spasmes des vaisseaux, à l’hypertension, aux maladies cardio-vasculaires. Dans un cadre verdoyant, on est moins tenté de consommer des molécules cancérigènes, comme le tabac ou l’alcool en excès », poursuit le Pr Lejoyeux. Faut-il déménager si, de sa fenêtre, on n’aperçoit que du béton ? Selon les chercheurs, ce n’est pas utile. On peut agrémenter son intérieur de plantes vertes pour compenser celles qui n’existent pas dans sa rue ou son quartier. On peut fleurir son balcon ou sa fenêtre. Il n’empêche, cette étude devrait inciter à mieux penser les politiques de la ville et à aménager davantage d’espaces verts.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN