Heureux à l’école !


Plus de 12 millions d’élèves ont repris le chemin de l’école. Mais les spécialistes dénoncent l’explosion des échecs voire des phobies scolaires. Peut-on être heureux à l’école ?

 

Entre 2000 et 2009, selon l’OCDE, la proportion d’élèves de 15 ans en échec scolaire est passée de 15 à 20%. De plus, l’écart de niveau entre les meilleurs et les plus faibles s’est accru. Au final, ce sont 150 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme professionnel ni baccalauréat. C’est donc une réalité : de la primaire au lycée, beaucoup d’élèves s’ennuient en classe, ont de mauvais résultats et sont malheureux. Avec parfois des conséquences sur la santé : ce mal-être à l’école peut s’accompagner de stress, de dépression, de phobie scolaire. D’ailleurs l’échec scolaire est l’un des motifs de consultation les plus fréquents chez les pédopsychiatres: il faut comprendre les causes de l’échec, et prendre en charge les symptômes.

 

La diversité des intelligences

 

Peut-on mieux faire ? Oui, affirme un livre* qui vient de paraître. « Pour que les enfants soient plus heureux à l’école, il faudrait davantage respecter leur nature. Les élèves ont des intelligences différentes : certains ont une intelligence visuelle et ont besoin du support des images pour apprendre. D’autres ont une intelligence musicale et mémorisent plus facilement en écoutant de la musique ou en chantant une leçon. D’autres ont l’intelligence du mouvement, et ont besoin d’apprendre en bougeant, par exemple en sautant à la corde pour retenir les tables de multiplication…. Sans oublier les intelligences plus traditionnelles sur lesquelles l’école s’appuie depuis toujours : celles du vocabulaire et des mathématiques », explique Nathalie de Boisgrollier, coach parental. Tous les enfants ne peuvent réaliser leur parcours scolaire de la même manière. Il faut donc prendre en compte la diversité des intelligences et proposer différentes méthodes d’enseignement afin de favoriser les apprentissages. « Il est également intéressant de nourrir les points forts et les aptitudes de chaque élève pour qu’il puisse acquérir ensuite des compétences et des savoirs plus difficiles d’accès », poursuit Nathalie de Boisgrollier. L’idéal, ce serait que l’école reconnaisse et valorise les talents de chacun. C’est une condition majeure pour que chaque enfant trouve sa place et soit heureux à l’école.

Brigitte-Fanny COHEN

*« Heureux à l’école » de Nathalie DE BOISGROLLIER, éditions  Albin Michel