Médecine : vraies et fausses croyances


En médecine, les idées reçues se ramassent à la pelle. Un professeur de chirurgie a voulu, dans un livre, confronter 200 croyances aux études scientifiques les plus récentes. Objectif : démêler le vrai du faux.

 

La connaissance progresse, et certaines affirmations –vraies hier – se révèlent fausses aujourd’hui. Un exemple frappant : au Moyen-Age on attribuait certaines maladies au mauvais sort ou aux cycles de la lune. Croyances balayées plus tard par la science. Plus proche de nous : on a longtemps cru que les ulcères de l’estomac étaient fabriqués par le stress. Dans les années 90, il a été prouvé qu’ils sont causés par une bactérie -appelée Helicobacter Pylori- qui peut être combattue par des antibiotiques. Aujourd’hui encore, certaines idées reçues ont la vie dure. « On affirme encore que le fait d’arracher un cheveu blanc accélère  le blanchiment des autres cheveux : c’est faux, cela ne modifie ni la couleur des cheveux environnants, ni la couleur du cheveu qui va repousser. Le seul risque, en arrachant trop souvent ses cheveux blancs, c’est d’altérer le follicule et d’avoir moins de cheveux », sourit le Pr Jacques Belghiti, chirurgien et auteur de « Tant qu’on a la santé »*.

 

Le chien bon pour le cœur ?

 

Autre idée tenace : on ne pourrait pas souffrir d’une cirrhose sans être porté sur l’alcool. « Faux, on peut avoir cette maladie sans boire une goutte d’alcool. Actuellement 2/3 des patients concernés ont eu soit une hépatite B, soit une hépatite C, soit un syndrome métabolique qui associe diabète, surpoids, excès de cholestérol et hypertension. Ce syndrome métabolique entraîne une dégradation du foie pouvant aboutir à une cirrhose », explique le Pr Belghiti. Peut-on encore croire à ce remède de grand-mère qui préconise que le miel et le citron adoucissent les cordes vocales ? « Faux, les cordes vocales ne sont jamais au contact des aliments qui passent directement dans l’œsophage. L’inflammation des cordes vocales, ou laryngite aigüe, guérit en général spontanément ». On entend dire qu’avoir un chien, c’est bon pour le cœur : vrai. Mais ce n’est pas le chien qui prévient les accidents cardio-vasculaires, c’est le fait de le promener régulièrement et donc d’avoir, grâce à lui, une activité physique.

Brigitte-Fanny COHEN

*« Tant qu’on a la santé », par le Pr Jacques Belghiti et Annette Vezin, aux éditions Fayard