Panique dans l’assiette


Pesticides, additifs, mauvaises graisses… Un grand nombre d’aliments sont soupçonnés de nuire à notre santé. Dans un livre qui vient de paraître*, un nutritionniste explique comment faire les meilleurs choix.

 

On le sait, la malbouffe est néfaste pour la santé. Le danger, c’est de manger en grandes quantités des aliments dont la qualité laisse à désirer, traités par des pesticides dont on retrouve des résidus dans notre assiette. Ou bourrés d’additifs : colorants, conservateurs, exhausteurs de goût, sel, sucre en excès… Parmi les pesticides et les additifs, on trouve des perturbateurs endocriniens qui, par définition, dérèglent le système hormonal et sont impliqués dans l’apparition de maladies: obésité, diabète, pathologies cardio-vasculaires et même certains cancers… Comment faire ses courses et décoder les pièges tendus au consommateur ? Le Dr Laurent Chevalier, nutritionniste et spécialiste de médecine environnementale, nous donne quelques conseils précieux.

 

Etiquettes et labels

 

Par exemple, comment choisir un bon poulet ? « Attention aux poulets « standards » et la façon dont ils sont nourris. Pour les faire grossir plus vite, on les gave de probiotiques et d’enzymes. On suspecte même, pour les poulets d’origine étrangère, que les fientes puissent être reconditionnées et redonnées à manger aux poulets. Après l’abattage, on peut leur injecter de l’eau pour qu’ils pèsent plus lourd. Aussi faut-il choisir des poulets de label rouge ou bio, qui sont élevés en 80 jours, qui ont un parcours à l’extérieur, et qui auront une chair à la fois goûteuse et intéressante sur le plan nutritionnel », assure le Dr Chevalier. Quand vous achetez du miel, vous pensez acquérir un produit 100% naturel ? Pas si sûr… « La production mondiale de miel excède la capacité de production des abeilles : on trouve donc du faux miel, fabriqué à partir de sirop de fructose-glucose industriel, auquel on rajoute des colorants et des arômes de synthèse. Produits aux effets néfastes pour la santé. Si sur l’étiquette, il est écrit « miel d’origine hors union européenne », cela peut être un miel suspect. Il faut choisir un produit provenant d’un apiculteur bien identifié, ou du miel bio correspondant à un cahier des charges bien précis ». C’est la saison des cerises. Mais prudence. « Certaines sont traitées par du diméthoate, un pesticide interdit en France, en Italie et en Espagne. On peut trouver des cerises, conditionnées en Espagne, mais provenant de Turquie et du Maghreb, et traitées par ce pesticide ! Heureusement la consommation moyenne de cerises n’est que de 800 g par an et par habitant», dénonce le Dr Chevalier. La vigilance s’impose !

Brigitte-Fanny COHEN

* « Alors on mange quoi ? », Docteur Laurent Chevallier et Claude Aubert, aux éditions Fayard