Peu vert pour la chirurgie de l’obésité chez les adolescents


Peut-on opérer des mineurs obèses dans l’objectif de les faire maigrir ? Cette question a beaucoup agité le corps médical. La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de trancher : oui, mais à certaines conditions.

 

Même si elle était officiellement réservée aux adultes, la chirurgie de l’obésité était déjà proposée à des adolescents. Pour preuve, en 2014, 117 interventions ont été pratiquées chez des moins de 18 ans. Certaines équipes médicales ont voulu tenir compte de la souffrance de ces jeunes. Et ont accepté d’opérer des adolescents qui souffraient d’obésité très sévère, qui n’arrivaient pas à perdre du poids par les régimes et l’activité physique, et qui étaient totalement découragés. La HAS a donné son feu vert, mais dans un cadre très strict.  Car, même si la chirurgie de l’obésité offre d’excellents résultats, il s’agit aussi d’interventions qui comportent des risques. « Le premier critère, c’est l’âge : entre 15 et 18 ans, exceptionnellement à partir de 13 ans en cas de complications sévères provoquées par l’obésité. Autre critère primordial : l’adolescent doit souffrir d’une obésité dite « sévère », avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40. Ou un IMC compris entre 35 et 40 s’il y a une complication comme par exemple un syndrome d’apnées du sommeil ou du diabète », explique le Pr Patrick Tounian, chef du service de gastro-entérologie pédiatrique à l’hôpital Trousseau à Paris.

 

Redonner un avenir

 

Il faut aussi que la croissance osseuse soit terminée, ou quasi terminée. Il est nécessaire également que l’adolescent et sa famille adhèrent au suivi mis en place après la chirurgie : une diététique spécifique, des suppléments en vitamines et minéraux à prendre à vie, et des consultations de contrôle régulières à respecter. « Les résultats de la chirurgie de l’obésité chez les adolescents sont souvent spectaculaires : ils peuvent perdre plusieurs dizaines de kilos, voire une centaine ! Du coup, les complications liées à l’obésité s’améliorent ou disparaissent complétement. Et surtout leur qualité de vie est transformée », souligne le Pr Tounian. Après une perte de poids massive, ces adolescents peuvent enfin mener la vie des jeunes de leur âge : s’habiller normalement, faire du sport facilement, rencontrer des amis sans complexes… Cela permet parfois de redonner un avenir à des jeunes  qui étaient en grande souffrance. Mais avant de se lancer dans cette aventure, il faut avoir suffisamment de maturité pour comprendre les enjeux de cette chirurgie.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN