Du jus de pomme contre la gastro-entérite


Les jus de fruits ont été souvent déconseillés lors d’une gastro-entérite à cause de leur teneur en sucre. Et pourtant le jus de pomme serait un moyen de réhydratation efficace chez les jeunes enfants.

 

Pas toujours facile de soigner un tout-petit lors d’une gastro-entérite : les solutions  de réhydratation ne sont pas toujours plébiscitées à l’âge des couches culottes. Mais selon les chercheurs de l’Université de Calgary au Canada, le jus de pomme pourrait être un remède plaisant pour les enfants souffrant de gastro-entérite légère. Fréquent mais le plus souvent bénin, ce trouble provoque une légère déshydratation. Selon ces chercheurs canadiens, on pourrait avantageusement le traiter par un verre de jus de pomme dilué et laisser ensuite l’enfant boire ce qu’il souhaite : une alternative plutôt sympathique aux solutions de réhydratation électrolytique. Ces dernières sont habituellement proposées dès l’apparition de la diarrhée. Leur atout : elles contiennent les bonnes doses de sucres et de sels minéraux permettant de rétablir rapidement une bonne hydratation.

 

Moins d’échecs avec le jus de pomme

 

Pour prouver l’intérêt du jus de pomme, les chercheurs ont procédé à l’analyse des dossiers médicaux de 647 enfants, âgés de 6 à 60 mois et pris en charge pour une gastro-entérite avec une faible déshydratation. Ils ont ainsi montré que le jus de pomme est associé à un nombre plus faible d’échecs thérapeutiques : 17 % d’échecs contre 25 % pour les enfants à qui on a fait boire une solution électrolytique. Dans 9 % des cas, la réhydratation de ces derniers a ensuite nécessité une perfusion, contre 2,5 % des enfants qui ont bu le jus de pomme. Aucune différence significative entre les deux boissons n’a été remarquée sur le taux d’hospitalisation et la fréquence des vomissements ou des diarrhées. Bien sûr, cette démonstration n’a été réalisée que sur des déshydratations faibles. Il ne faut pas oublier qu’il existe des gastro-entérites rares mais sévères, pouvant parfois nécessiter une hospitalisation de l’enfant. Là le jus de pomme ne serait évidemment pas le bon remède.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN