Pas trop de poisson pendant la grossesse !


 

Le poisson, c’est bon pour la santé… Oui, mais avec modération pendant la grossesse ! Une étude vient de le montrer : les futures mamans, qui en mangent beaucoup, auraient des enfants plus exposés au surpoids ou à l’obésité.

 

Cette étude, parue dans le JAMA Pediatrics, a été réalisée aux USA et dans plusieurs pays européens, dont la France. Les chercheurs ont suivi 26 000 mamans et leur bébé, de la grossesse à la sixième année de l’enfant. Sur ces 26 000 enfants, 8 400 étaient en surpoids ou obèses entre 4 et 6 ans : principalement ceux dont les mamans avaient mangé du poisson plus de trois fois par semaine. En France, la consommation moyenne des femmes enceintes est très modérée : moins de deux fois par semaine. En Belgique, c’est environ une fois tous les quinze jours. En Espagne en revanche, les futures mamans mangent en moyenne plus de quatre fois par semaine du poisson.

 

Les perturbateurs endocriniens sur la sellette

 

« Pour les mamans qui ont mangé du poisson plus de trois fois par semaine, nous avons constaté que le risque de surpoids chez leur enfant est augmenté de 20%. On pourrait l’expliquer de la façon suivante : la chair des poissons est polluée par diverses substances chimiques, en particulier des perturbateurs endocriniens. Ces derniers perturbent le fonctionnement du système hormonal, et l’action du placenta, qui est le lieu des échanges entre la mère et le fœtus. Du coup, ils modifient le développement du fœtus et favoriseraient le risque de surpoids ou d’obésité », explique le Dr Marie-Aline Charles, épidémiologiste, directrice de recherche à l’Inserm. Les poissons les plus contaminés sont les poissons gras -saumons, maquereaux, sardines etc… – parce que les polluants se logent préférentiellement dans le tissu graisseux. Même si certains sont aujourd’hui interdits, ces produits chimiques continuent de contaminer l’environnement et en particulier les mers. Mais faut-il pour autant renoncer aux poissons gras pendant la grossesse ? « Non, car ces poissons sont riches en Omegas 3, des acides gras qu’on ne peut pas fabriquer et qui sont essentiels pour le développement du système nerveux central et de la rétine du fœtus », insiste le Dr Charles. Le conseil des spécialistes : continuer à manger du poisson lorsqu’on attend un bébé, en variant les différentes espèces pour diminuer le risque d’absorber des doses trop importantes du même polluant. La dose idéale, c’est deux fois par semaine, en tous les cas pas plus de trois !

 

Brigitte-Fanny COHEN