Bien Vieillir : les bons réflexes


La problématique du « bien vieillir » a le vent en poupe et passionne les médecins, mais aussi les coachs, la presse, le public…. Pour sortir des idées reçues et des conseils farfelus, deux auteurs ont rassemblés dans un livre* des recommandations, basées sur des preuves scientifiques.

La vieillesse a pris un coup de jeune. De nombreux chercheurs en médecine et en psychologie s’intéressent au « successfull aging » : le vieillissement réussi. A ne pas confondre avec l’anti-aging : le fait de repousser l’avancée en âge à coup de chirurgie et de médecine esthétiques. Le « successfull aging » sous-tend l’idée que la vieillesse n’est pas un rétrécissement physique et psychologique : on peut rester actif physiquement, intellectuellement, socialement, amoureusement… Mais comment faire pour bien vieillir ? « Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que l’on peut agir sur son cerveau jusqu’à la fin de ses jours, grâce à la plasticité cérébrale : cette faculté du cerveau à développer de nouveaux neurones, de nouvelles connexions, quand il est stimulé », affirme le Pr Françoise Forette, gériatre.

Médicament miracle

Mais comment stimuler son cerveau lorsque l’on avance en âge ? Plusieurs études ont montré qu’une des meilleures façons d’y arriver était de ne pas prendre sa retraite trop tôt : prolonger son activité professionnelle, surtout lorsqu’on aime son métier, est bénéfique pour le cerveau. « Mais on peut aussi stimuler son cerveau en s’occupant de ses petits-enfants, en leur apprenant à lire, en jouant au bridge, en allant au cinéma, en s’adonnant au bricolage etc… Toutes ces activités maintiennent intellectuellement en forme et diminuent les risques de certaines maladies, comme Alzheimer », poursuit le Pr Forette. A ne pas négliger après 60 ans : sa vie amoureuse. Oui, les sentiments et le sexe sont bons pour la santé, en favorisant la production d’hormones du bien-être par le cerveau. Avoir une vie sociale, des amis, voir sa famille sont aussi autant d’atouts pour améliorer la qualité de vie et le bien vieillir. Mais le remède miracle – le pivot du « successfull aging »- c’est sans doute l’activité physique. « De très nombreuses études ont démontré que le fait de pratiquer un sport diminue le risque de dépression, important malheureusement chez les personnes âgées, la mortalité en général, et les maladies cardio-vasculaires en particulier. Réduire son risque cardio-vasculaire diminue la probabilité de souffrir un jour de maladies du cerveau, comme les AVC ou la maladie d’Alzheimer », explique le Pr Forette. Certains diront que le vieillissement est un phénomène très inégalitaire. C’est vrai, mais en partie seulement. Le terrain génétique ne conditionne notre longévité que pour 30% environ. Le reste est lié à nos comportements. Donc nous avons une marge de manœuvre très grande pour bien vieillir !
Brigitte-Fanny COHEN
*« J’ai choisi de bien vieillir » par le Pr Françoise FORETTE et Laurence DORLHAC, éditions de l’Archipel