Scoliose : favoriser un repérage précoce


1 à 3 % des adolescents souffrent de scoliose. Le diagnostic est parfois posé avec retard. Il est pourtant simple à réaliser et les parents peuvent aussi jouer un rôle dans le dépistage.

La scoliose, cette déformation complexe de la colonne vertébrale, se développe en général pendant l’enfance, plus particulièrement pendant la puberté. L’origine de cette maladie n’est pas élucidée même si des facteurs génétiques sont fortement suspectés. On ne sait pas non plus pourquoi les filles sont deux fois plus touchées que les garçons. La scoliose progresse surtout entre 10 et 16 ans, plus ou moins vite selon les cas. Si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des complications à l’âge adulte : principalement des douleurs dorsales et un préjudice esthétique difficile à accepter pour des adolescents. C’est pourquoi il est essentiel d’agir le plus précocement possible. « Pour repérer une scoliose chez un enfant, il faut le faire pencher en avant pour voir s’il y a une asymétrie au niveau du dos, induite par la colonne vertébrale. Quand la colonne vertébrale présente une déformation dans les trois plans de l’espace, on repère une sorte de bosse qu’on appelle une gibosité : c’est elle qui, justement, permet le dépistage de la scoliose », explique le Pr Christophe Glorion, chef du service orthopédie et traumatologie pédiatriques de l’Hôpital Necker à Paris

Lutter contre les idées reçues

Bien sûr, le dépistage doit être réalisé par des médecins. Mais une fondation*, spécialisée dans les maladies de la colonne vertébrale, a réalisé une vidéo pour sensibiliser les parent et leur montrer qu’ils peuvent aussi repérer une scoliose et consulter au plus vite. L’objectif, c’est d’éviter que la scoliose n’évolue. « Si c’est le cas, il faudra mettre en route un traitement orthopédique, autrement dit un corset qui va permettre de réduire et de stabiliser la déformation. La chirurgie est rare, mais parfois nécessaire si la déformation du dos entraîne un déséquilibre et un problème esthétique importants », poursuit le Pr Glorion. Contrairement aux idées reçues, les cartables lourds et les mauvaises postures ne favorisent pas la scoliose. Le sport ne doit pas être interdit. Il peut même favoriser une bonne musculature du dos et participer au traitement.

Brigitte-Fanny COHEN

*Fondation Yves COTREL pour la recherche en pathologie rachidiennne
http://www.fondationcotrel.org/