Evacuer la déprime sans médicaments


Notre cerveau est notre meilleure arme anti-déprime. Mais nous ne savons pas nous en servir !

Il ne faut pas confondre la déprime -qui est au fond une tristesse passagère, due aux aléas de la vie- avec la dépression qui est une maladie installée. On peut combattre la première sans antidépresseurs ni anxiolytiques. Le chef du service de psychiatrie de l’hôpital Bichat à Paris vient de publier un livre* de « recettes anti-déprime », basées sur des études scientifiques validées. Il a constaté que, dans plus de la moitié de ses consultations, il n’avait pas besoin de prescrire de médicaments ou de longue psychothérapie. Donner des conseils de vie pouvait suffire. Car notre cerveau est une véritable machine à fabriquer des substances qui favorisent la bonne humeur : des neuromédiateurs qui vont chasser le coup de blues. « Par exemple, la musique est une bonne habitude anti-déprime. Trente minutes de Mozart le soir -notamment la sonate pour deux pianos Koechel 448- ont un effet prouvé sur l’humeur, diminuent les douleurs et font pousser les neurones », explique le Pr Lejoyeux.

Du vert, des sourires et des cornichons

Le cadre de vie et la nature jouent aussi un rôle majeur sur le moral. « Une étude londonienne a montré que l’on prend moins d’antidépresseurs dans les quartiers où il y a plus d’espaces verts. Le nombre d’arbres fait diminuer le nombre de boîtes de médicaments ! », poursuit le psychiatre. Sans oublier le sport : la course à pied a fait l’objet de nombreuses études. « Courir augmente le facteur de croissance neuronale et permet de créer de nouveaux neurones. Cela augmente deux hormones de la bonne humeur : les endorphines et la sérotonine», analyse le Pr Lejoyeux. Parmi les aliments anti-déprime, on connaît bien le poisson, riche en Oméga 3 qui agit sur la fluidité des neurones. Un autre aliment est plus étonnant : « ceux qui mangent des cornichons et des pickels trois fois par semaine sont deux fois moins déprimés. Car les cornichons sont bons pour la flore intestinale. Grâce à eux, l’intestin fabrique de la sérotonine qui va remonter au cerveau », souligne le Pr Lejoyeux. Autre astuce : il faut sourire, et même se forcer à sourire. La contraction des muscles du visage augmente les taux de neuromédiateurs de la bonne humeur dans le cerveau. Alors pourquoi s’en priver ?
Brigitte-Fanny COHEN