Enfin un nouveau traitement pour l’emphysème


Le handicap respiratoire est peu connu. Notamment l’emphysème grave. Une étude scientifique vient de montrer l’efficacité d’un nouveau traitement. Une révolution pour certains patients dont la vie est complètement transformée.

L’emphysème touche près de 2 millions de personnes en France. C’est une complication fréquente de la BPCO : la broncho-pneumopathie chronique obstructive, une maladie pulmonaire provoquée dans la majorité des cas par le tabac. « Au fur et à mesure qu’elle évolue, les bronches s’obstruent et le tissu pulmonaire perd son élasticité, autrement dit cette capacité à inspirer et expirer. Cette perte d’élasticité, c’est l’emphysème », explique le Pr Charles Hugo Marquette, pneumologue au CHU de Nice. A un stade avancé, les patients ont de grandes difficultés à respirer et sont reliés à une bouteille d’oxygène. Leurs activités sont considérablement réduites, ils sont contraints à la sédentarité et s’isolent peu à peu. En dehors d’interventions lourdes comme la réduction chirurgicale du volume pulmonaire ou la greffe pulmonaire, il n’existe pas de solution thérapeutique.

Des spirales porteuses d’espoir

Une étude indépendante, réalisée en France sur une centaine de patients et publiée dans le JAMA, vient de démontrer l’efficacité d’un nouveau traitement. « Il s’agit de petites spirales que l’on implante dans le poumon sans ouvrir le thorax. On les fait rentrer, via un cathéter, par les voies naturelles, sous anesthésie générale, et sous contrôle radiologique. Ces spirales sont réalisées dans un matériau à mémoire de forme. Quand elles sont déployées dans le poumon, elles rétractent les tissus et restaurent l’élasticité pulmonaire », décrit le Pr Marquette. Avantages : une intervention très peu invasive, une hospitalisation très courte (en général deux nuits), peu d’effets secondaires. « L’étude a montré que ce procédé restaure les capacités d’effort des patients et surtout qu’il leur permet de retrouver un niveau de qualité de vie assez considérable : ces personnes, qui avaient en quelque sorte fait le deuil de leur corps, retrouvent une activité physique et une vie sociale qu’elles avaient oubliées », analyse le Pr Marquette. Se promener, faire des courses, et même voyager: pour beaucoup de patients traités, cela redevient à nouveau possible.

Brigitte-Fanny COHEN