Le boom des body lifts


La chirurgie de l’obésité  est en plein essor. Mais l’amaigrissement massif peut nécessiter ensuite une chirurgie esthétique. Les spécialistes parlent d’un « boom » des bodylifts : les liftings du corps.

 

L’obésité n’est pas qu’un problème esthétique. C’est une maladie qui met la santé en danger par les nombreuses complications qui peuvent l’accompagner : diabète, maladies cardio-vasculaires, arthrose… La chirurgie de l’obésité consiste, quelque soit la technique utilisée, à réduire la taille de l’estomac. Le nombre d’interventions a triplé depuis 2006 : actuellement 50 000 personnes y ont recours en France chaque année. Avec, à la clef, des amaigrissements parfois spectaculaires de plus de 100 kilos ! Point négatif : l’esthétique n’est pas forcément au rendez-vous. Après un amaigrissement massif, la peau détendue par le surpoids pend sur le ventre, sur le dos, sous les bras, sous les cuisses… Et le lifting du corps est en nette augmentation. « Il commence par un lifting du ventre : l’objectif, c’est  d’enlever le « tablier abdominal » qui pend et de retendre à la fois le ventre et le pubis. Parfois il faut aussi enlever la peau en trop sur les hanches, le dos et les fesses. La cicatrice fait alors le tour de la ceinture. C’est la plastie abdominale circulaire ou le bodylift à proprement parler », explique le Dr Rami Selinger, chirurgien plasticien à Paris.

 

Se réconcilier avec son corps

 

Le bénéfice est déjà impressionnant. Mais il est souvent nécessaire d’associer d’autres interventions. « Par exemple le lifting des bras : la peau est comme un cylindre vide qu’il faut souvent rétrécir avec une cicatrice sur toute la longueur, mais de façon à ce qu’elle soit le moins visible possible. Les cuisses peuvent aussi être corrigées grâce à une cicatrice le long du pli de l’aine, donc peu visible. Chez la femme, après un amaigrissement très important, les seins sont tombants. Pour les corriger on doit enlever la peau en trop et redonner une jolie forme à la poitrine, avec la cicatrice la plus belle et la plus limitée possible », souligne le Dr Selinger. Ces opérations peuvent être associées à des liposuccions localisées, pour enlever un stock graisseux, génétiquement programmé, ayant résisté à l’amaigrissement. « Au final, on constate un immense bienfait sur le plan psychologique : le lifting de la silhouette est une véritable « psychothérapie chirurgicale », car il n’y a rien de mieux que de restaurer l’image d’un corps qu’on n’aimait pas », conclut le Dr Selinger. Le bodylift est l’aboutissement d’un long processus : en général il permet de tourner la page douloureuse de l’obésité et de commencer un nouveau chapitre de sa vie.

Brigitte-Fanny COHEN