Bronchiolite : ne pas se précipiter à l’hôpital


Depuis quelques semaines, les cas de bronchiolites sont en nette augmentation. Chaque année près de 500 000 nourrissons sont concernés. Trop souvent, les parents courent aux urgences. Mais dans 90% des cas, il s’agit d’une maladie qui doit être prise en charge en ville.

 

D’ores et déjà, plus de 4000 enfants sont passés par les services d’urgence. La grande majorité des parents, anxieux dès que leur petit peine à respirer, se ruent vers l’hôpital le plus proche…. sans passer par la case médecin traitant ! Les professionnels de santé cherchent à dédramatiser la situation, toujours épique il faut le dire, entre la fin novembre et la fin décembre. L’objectif premier n’est pas tant de désengorger les hôpitaux mais de rendre à la médecine de ville cette maladie qui fait peur. Si les urgences sont débordées, c’est aussi parce que chaque enfant n’a pas forcément un médecin traitant. Et aussi parce que, depuis le début des années 90, on assiste à de grandes épidémies de bronchiolites. Et cela pour deux raisons au moins : d’abord, les bébés vivent de plus en plus jeunes en collectivité. Et on les fait voyager trop tôt dans les transports en commun et on les amène trop facilement dans les supermarchés ou les restaurants, des lieux à forte propagation de virus.

 

Médecins de ville et kinésithérapeutes en première ligne

 

Cette infection virale, accompagnée de fièvre (de 38° à 38,5°),  touche les enfants d’un mois à deux ans. Le virus pénètre les voies respiratoires, provoquant ainsi une hypersécrétion nasale. Ce simple rhume va s’aggraver puisque le virus atteint rapidement tout l’arbre respiratoire, provoquant un encombrement des bronches et des petites bronches. Le bébé peine alors à respirer, siffle et tousse. La gêne respiratoire peut se compliquer de difficultés digestives : le nourrisson se fatigue, ne parvient plus à boire correctement et peut s’étouffer ou vomir. Un signe d’alerte : lorsque l’enfant boit moins de la moitié de son biberon, trois fois de suite. Dans les formes sévères de la maladie, l’enfant lutte pour respirer, son thorax se creuse : le risque majeur est la détresse respiratoire. Mais ces cas ne sont pas les plus nombreux, loin de là. Il faut amener l’enfant à l’hôpital s’il siffle, a moins de trois mois, et a fortiori moins de six semaines. Le recours à l’hôpital concerne aussi tous les bébés qui ont une maladie cardiaque ou pulmonaire, la plupart du temps consécutive à une prématurité. En dehors de ces circonstances, la bronchiolite peut se soigner avec les médecins de ville et les kinésithérapeutes.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN

 

 

ENCADRE

DES GESTES SIMPLES POUR EVITER LA TRANSMISSION

 

  • Se laver systématiquement les mains à l’eau et au savon avant de s’occuper d’un bébé.
  • Eviter d’emmener un nourrisson dans des lieux publics où il pourra se trouver en contact avec des personnes enrhumées.
  • Ne pas échanger, dans la famille, biberons, sucettes, couverts non nettoyés.
  • Ne pas exposer le nourrisson au tabac.
  • Aérer correctement sa chambre tous les jours.
  • En cas de rhume, porter un masque jetable (vendu en pharmacie) avant de s’occuper d’un bébé de moins de trois mois.
  • En cas de rhume, ne pas embrasser un enfant sur le visage (et en dissuader les frères et sœurs fréquentant une collectivité)