Octobre Rose : existe-t-il un mode de vie anti-cancer du sein ?


Octobre Rose est le mois de mobilisation contre le cancer du sein. Beaucoup d’études scientifiques l’ont montré : plusieurs facteurs de risques sont impliqués dans le développement de ce cancer. Peut-on adopter un mode de vie qui permette de faire baisser ces risques ?

Clairement l’objectif d’Octobre Rose, c’est d’inciter les femmes à se faire dépister. Actuellement l’Assurance Maladie propose aux femmes entre 50 et 74 ans une mammographie tous les deux ans, prise en charge à 100%. Une nouveauté: la ministre de la santé, Marisol Touraine, a annoncé qu’à partir du printemps 2016, toutes les femmes ayant un « risque élevé » de développer un cancer du sein, quelque soit leur âge, pourront aussi bénéficier d’examens de dépistage, entièrement remboursés. Le dépistage est fondamental. Mais la prévention pourrait passer aussi par le mode de vie. Bien sûr, il existe certains facteurs de risque sur lesquels on ne peut pas intervenir: « l’hérédité, des premières règles précoces et une ménopause tardive peuvent augmenter les risques. Le fait d’avoir son premier enfant jeune et d’allaiter ses bébés longtemps sont en revanche des facteurs protecteurs », souligne le Dr Jean-Michel Vannetzel, cancérologue, Directeur de l’Institut du Sein Henri Hartmann.

Des risques évitables

Néanmoins de nombreuses recherches ont montré qu’il existe des facteurs de risque sur lesquels on peut agir. « La littérature médicale foisonne d’études scientifiques de toutes sortes. Mais s’il fallait retenir les résultats les plus probants afin de définir un éventuel mode de vie « anti-cancer du sein », ce serait ceux-là : éviter de fumer, éviter de boire de l’alcool de façon excessive, lutter contre la sédentarité et pratiquer une activité physique régulière modérée à intense, au moins 30 minutes par jour. Et ne pas prendre le traitement hormonal de la ménopause de façon trop prolongée : en général, pas plus de cinq ans », indique le Dr Vannetzel. « Concernant l’alimentation, il n’y a pas d’aliments protecteurs ni d’aliments favorisant le cancer du sein : il faut manger de façon équilibrée. Dans ce domaine, le vrai facteur de risque, démontré scientifiquement, c’est le surpoids. Il faut donc éviter de grossir de façon excessive », poursuit le cancérologue. Il ne faut pas oublier que, dans 75% des cas, on n’identifie pas de cause précise à cette maladie.

Brigitte-Fanny Cohen