Des techniques récentes pour opérer l’artérite des membres inférieurs


Lors de leur congrès qui s’est tenu fin juin à Montpellier, les chirurgiens vasculaires ont tiré la sonnette d’alarme : l’artérite des membres inférieurs est une maladie qui touche 800 000 personnes en France. Mais elle est dépistée trop tardivement.

Les artères des jambes vieillissent et s’altèrent de la même façon que celles du cœur : des plaques d’athérome rétrécissent ou bouchent ces artères, le sang a du mal à circuler dans les jambes. Souvent au début, la maladie est insidieuse. Quand le rétrécissement est plus important, le patient ressent une gêne à la marche. Il peut même se mettre à boiter. On parle de claudication intermittente : c’est le nom donné à douleur musculaire qui survient au mollet et qui ressemble à une crampe. Cette douleur est déclenchée par la marche. A cause d’elle, le patient va progressivement réduire son périmètre de marche. Cette claudication intermittente est donc le signal qui doit impérativement faire consulter afin d’être soigné. Car sans traitement, la maladie évolue, et peut entraîner des ulcères, des nécroses voire une amputation.

Pas de tabac !

Les causes ou facteurs de risque de l’artérite sont les mêmes que celles des maladies cardiaques. Principalement  le tabac qui endommage aussi bien les artères du cœur que celles des jambes. Il faut aussi prévenir ou traiter l’hypertension, l’excès de cholestérol et le diabète pour éviter l’artérite ou la soigner. L’activité physique est très importante : les patients sont étonnés qu’on leur demande de marcher puisque cela les fait souffrir ! Mais la marche va favoriser la création d’un réseau de petites artères périphériques qui vont prendre le relais des artères rétrécies. Les récents progrès technologiques permettent de mieux prendre en charge l’artérite : les chirurgiens vasculaires peuvent, sans ouverture de la peau, grâce à un procédé mini-invasif, introduire un ballonnet et un stent pour réparer les artères de l’intérieur : le ballonnet permet d’écarter l’artère rétrécie et le stent –petite prothèse grillagée- maintient l’écartement, permettant ainsi au sang de circuler convenablement, et au patient de remarcher sans douleur. Globalement les études internationales attestent des bons résultats de cette chirurgie « sans ouvrir ». A une condition : les patients doivent soigner leurs facteurs de risque et surtout arrêter de fumer.

Brigitte-Fanny COHEN