Voisins d’un pressings : mieux les protéger du perchloréthylène


Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, lance une campagne pour contrôler les concentrations en perchloréthylène dans les habitations voisines de pressings.

 

 

Déjà en 2007, dans son best-seller « Anticancer », David Servan-Schreiber posait cette question : « quand interdira-t-on le perchloréthylène ?». Un solvant très volatil, utilisé principalement pour le nettoyage à sec. Il permet de dissoudre les graisses qui tâchent les vêtements. En 2012, l’Etat a décidé d’interdire l’installation de nouveaux pressings utilisant cette substance. En 2013, le ministère de l’Ecologie avait annoncé que toutes les machines utilisant ce produit devraient être remplacées d’ici à janvier 2022. « C’est pourquoi, afin d’organiser ce retrait dans des conditions minimisant les risques pour les riverains, un diagnostic gratuit est proposé aux habitants voisins de pressing qui vont recevoir une plaquette d’information leur précisant les modalités pratiques pour en bénéficier », explique le ministère.

 

 

Risque mortel

 

 

Le CIRC –le Centre International de Recherches contre le cancer- a qualifié le perchloréthylène de « probablement cancérigène » pour les employés des teintureries et ceux qui habitent près de ces commerces. En France 15 000 personnes seraient exposées à ce produit pendant leurs heures de travail. Dès qu’on ouvre le hublot d’une machine de nettoyage à sec, les vapeurs de perchloréthylène s’échappent. Et elles s’échappent même du pressing : d’où l’impact pour les riverains. L’OMS fixe la dose maximale acceptable à 250 microgrammes/m3. Or les personnes qui habitent à côté ou au dessus d’un pressing sont exposées à des doses 5 à 10 fois supérieures. Elles peuvent en respirer les émanations, ces dernières sont même absorbables par la peau. Tout cela n’est pas sans conséquences pour la santé. Ce produit peut provoquer des nausées ou des vertiges, intoxiquer le système nerveux et les reins. Et –même si c’est rare – on a recensé des hospitalisations et des décès liés à cette substance. Le perchloréthylène est déjà interdit aux Etats-Unis et au Danemark.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN