L’anorexie : mieux la prendre en charge en 2015


Des spécialistes s’élèvent contre le manque de structures pouvant accueillir, en France, les jeunes anorexiques. Une prise en charge pluridisciplinaire est pourtant indispensable pour s’en sortir.

 

L’anorexie touche entre 1% et 2 % des adolescents et des jeunes adultes, essentiellement des filles. L’âge de révélation de la maladie est de plus en plus précoce. Les premiers diagnostics sont très souvent portés vers 13 ans ! Dans un tiers des cas, on considère que ces troubles du comportement alimentaire sont des maladies très graves, avec deux principaux symptômes : une dénutrition sévère et une dépression chronique.10 % de ces jeunes malades vont décéder de façon prématurée, en particulier par suicide.

 

Une pétition adressée à François Hollande

 

On sait aujourd’hui que, pour gagner face à cette maladie, il faut un repérage précoce et une prise en charge rapide et adaptée. Le problème, c’est que les services spécialisés pluridisciplinaires dans les hôpitaux ou les cliniques sont en nombre insuffisant en France. C’est pourquoi des médecins et des associations, aidés par une quarantaine de personnalités, ont adressé une pétition au président de la République François Hollande, lui demandant de mettre en place une vraie politique de santé publique pour les troubles du comportement alimentaire. « Il faut prendre en charge tous les aspects de la maladie : la dénutrition avec des pédiatres et des médecins généralistes, mais aussi la souffrance psychique avec des psychiatres et des psychologues. Dans notre service, nous faisons appel à un chorégraphe : durant les ateliers de danse, les jeunes filles peuvent lâcher prise, et investir leur corps d’une autre manière. De la même manière, les ateliers de massage ou de maquillage aident ces patientes à pouvoir prendre soin d’elles, à ne plus maltraiter leur corps et à le ressentir d’une façon plus agréable », indique le Pr Priscille Gerardin, chef de pôle de Psychiatrie Enfants et Adolescents au CHU de Rouen. Les études internationales ont démontré que les prises en charges multidisciplinaires permettaient de réduire la durée de la maladie et de diminuer les risques de décès par complications ou suicide. D’où l’importance de développer ces structures sur tout le territoire français.

 

Brigitte-Fanny COHEN

 

Pour signer la pétition et soutenir l’Association Française pour le Développement des Approches Spécialisées des Troubles du Comportement Alimentaire (AFDAS-TCA): www.anorexieboulimie-afdas.fr