Cancer colorectal : des tests de dépistage plus performants


La Ministre de la santé, Marisol Touraine, l’a annoncé le 6 mai : des nouveaux tests plus performants remplacent désormais Hémoccult, l’ancien test utilisé pour dépister le cancer colorectal. Une révolution en perspective.

 

 

Le cancer colorectal tue chaque année en France 18 000 personnes. Il touche aussi 42 000 nouveaux patients, le plus souvent après 50 ans. Détecté tôt, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10. Si on a des risques particulièrement élevés de cancer colorectal, notamment des risques héréditaires, on doit être suivi de façon spécifique, avec des coloscopies régulières : un examen, certes invasif, mais qui permet de visualiser le colon de l’intérieur, de repérer les polypes et toutes autres lésions suspectes. Et de les enlever.

 

 

Dépistage organisé : de meilleurs résultats en perspective

 

 

Pour tous les autres Français entre 50 et 74 ans qui n’ont pas facteurs de risque particuliers -la majorité d’entre eux- l’Assurance maladie propose gratuitement un dépistage systématique tous les deux ans. Auparavant, il était réalisé grâce au test Hemoccult : un prélèvement  de selle, trois jours consécutifs,  à réaliser chez soi et à déposer sur un dispositif fourni par le médecin traitant. Objectif : rechercher la présence de sang dans les matières fécales. « Sa fiabilité n’était que d’environ 30%, autrement dit il ne détectait qu’un cancer du colon sur trois », souligne le Dr Philippe Godeberge, gastro-entérologue à Paris. Les nouveaux tests, dits « immunologiques », arrivent ce mois-ci et vont bouleverser le dépistage organisé du cancer du colon. «  Ces tests sont d’abord plus pratiques puisqu’un seul prélèvement suffit. Ils sont aussi beaucoup plus fiables et vont permettre de détecter 65 à 70% des cancers du colon, donc quasiment trois fois plus d’efficacité que les anciens tests. Ils identifient aussi 3 à 4 fois plus de polypes -ou lésions pré-cancéreuses- qu’Hémoccult. Cela devrait permettre de sauver 1500 à 2000 vies de plus chaque année en France », affirme le Dr Godeberge. 16 millions de Français sont concernés par ce programme national de dépistage. Mais en 2013-2014 seules 29,8% des personnes concernées y avaient participé. Les performances de ces nouveaux tests devraient augmenter l’adhésion au dépistage organisé du cancer colorectal.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN