Une sieste pour réparer des nuits trop courtes


Une étude* vient de mettre en évidence les extraordinaires pouvoirs réparateurs de la sieste.

 

C’est une polémique sans fin : depuis des années, les spécialistes se demandent quelle est la durée idéale d’une sieste, afin de pouvoir récupérer lorsqu’on n’a pas assez dormi. Une question cruciale pour les millions de Français qui travaillent en horaires décalés ou qui se lèvent particulièrement tôt. Une nouvelle étude, réalisée conjointement par des chercheurs français et américains, a montré que les nuits trop courtes perturbaient la production de certaines hormones, fragilisant ainsi le système immunitaire: « quand le manque de sommeil devient chronique, on est davantage sujet aux infections. Des recherches scientifiques ont même prouvé, dans ces circonstances, un risque accru de certains cancers », souligne le Pr Damien Léger, responsable du Centre du sommeil à l’Hôtel Dieu à Paris.

 

Dix à trente minutes

 

La nouvelle étude montre qu’une sieste, même brève, de trente minutes maximum, combat les effets néfastes du manque de sommeil -notamment le stress- et permet aux personnes fatiguées de retrouver les niveaux habituels d’hormones et de protéines indispensables à la restauration du système immunitaire et donc à la bonne marche de l’organisme. « Une sieste, même de dix minutes, peut inverser l’impact hormonal d’une mauvaise nuit», souligne le Pr Léger. «Il vaut mieux ne pas dépasser 30 minutes. Au-delà, on entre dans une phase de sommeil profond dont il sera plus difficile de sortir, et on risque alors de se réveiller vaseux ». Pour effacer les méfaits d’une nuit trop courte, un petit somme s’avère donc indispensable. Un nouvel argument pour justifier la sieste au bureau. Mais en France, dormir au travail reste mal vu bien que de nombreuses études en aient déjà prouvé les effets bénéfiques sur la vigilance et productivité des employés.

 

Brigitte-Fanny COHEN

 

 

*publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism