Inutile de forcer les enfants à finir leur assiette


« Finis ton assiette ! On ne doit pas gâcher la nourriture». Cette phrase, tous les enfants l’ont entendue, au moins une fois dans leur vie…  Pourtant une étude parue dans l’International Journal of Obesity  montre qu’elle devrait disparaître des repas en famille.

 

Cette étude a été réalisée sur 326 enfants entre 6 et 11 ans. Et aussi sur leurs parents. Elle indique que les adultes – peu importe l’âge, le poids, le sexe ou l’origine ethnique – mangent approximativement 92 % de leur assiette. Mais c’est loin d’être le cas pour les enfants : lorsque ces derniers se servent eux-mêmes, ils mangent en moyenne 59 % du contenu de leur assiette. Donc presque 2/3. Plus d’un tiers de la nourriture finit donc à la poubelle. Comment expliquer ce gaspillage ? « L’appétit est régulé chez l’enfant. Quand il n’a plus faim, il s’arrête de manger et cette régulation physiologique de l’appétit l’emporte souvent sur la gourmandise. Il se sert plus car il n’est pas capable d’évaluer la quantité de nourriture qu’il peut ingurgiter. Il est donc préférable que les parents le servent», souligne le Pr Patrick Tounian*, chef du service de nutrition et gastro-entérologie de l’hôpital Trousseau à Paris.

 

Pas de forcing alimentaire

 

Forcer un enfant à terminer son assiette peut se révéler contre-productif et générer le début d’une relation compliquée avec l’alimentation, voire des troubles du comportement alimentaire. « Il ne faut pas s’inquiéter quand un enfant mange peu. Sauf s’il mangeait davantage et que du jour au lendemain, il perd son appétit, auquel cas il faut consulter. Mais lorsqu’on a affaire à un « petit mangeur » habituel, il s’agit d’un enfant qui adapte son appétit à sa corpulence car il n’est pas très gros. Il ne faut surtout pas le forcer : cela peut engendrer des troubles comme de l’anorexie d’opposition : dans cette situation, certains vont avoir des nausées ou vomissements si on les force à finir leur assiette », explique le Pr Tounian. En général -sauf problème particulier, par exemple le surpoids- l’enfant possède «  la sagesse du ventre » : il sait s’arrêter de manger quand ses besoins physiologiques sont satisfaits.

 

 

 

Brigitte-Fanny COHEN

 

*Auteur de « Réponses à toutes les questions que vous vous posez sur l’alimentation de votre enfant», aux éditions Odile Jacob.