Harcèlement à l’école : un plan pour aider les enfants victimes


Selon plusieurs études, le harcèlement à l’école laisse des séquelles durables sur la santé mentale et physique à l’âge adulte. La ministre de l’Education nationale s’attaque à ce fléau.

 

Plus de 700 000 enfants -du primaire au lycée- seraient victimes de harcèlement scolaire. Face à ce constat, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, vient de présenter de nouvelles initiatives pour lutter contre ce phénomène. Le harcèlement à l’école peut prendre toutes sortes de formes : moqueries, bousculades, bagarres,  coups… Mais aussi des incitations à jouer à des jeux dangereux comme le jeu du foulard. Les violences à connotation sexuelle ne sont pas rares : on regarde le petit copain aux toilettes, on le force à se déshabiller ou à embrasser un ou une autre élève… Au collège et au lycée, le harcèlement prend souvent une forme plus insidieuse : à partir de la 6ème, beaucoup d’enfants possèdent un téléphone portable et un ordinateur. Ou tout du moins y ont accès. Le harcèlement se transforme en cyber-harcèlement: insultes par textos, lynchage sur Facebook, photos intimes jetées en pâture à tous les élèves… Le phénomène ne s’arrête plus après les cours. Il peut se produire 7 jours sur 7, 24H sur 24.

 

Reconnaître les signes d’alerte

 

Du coup, les conséquences sur la santé mentale peuvent être importantes : anxiété, phobie scolaire, dépression… jusqu’au suicide ! Même à l’âge adulte, des études ont montré que les anciennes « têtes de turc » présentaient un risque accru d’obésité, de dépression et de suicide. Il faut savoir repérer les signes d’alerte : attention quand un enfant présente soudainement des troubles du sommeil ou de l’appétit, des nausées ou des vomissements, quand ses résultats scolaires chutent, et qu’il rechigne à aller en classe… Une fois le harcèlement identifié, il faut que l’école le reconnaisse et sanctionne les harceleurs. Il faut aussi prendre en charge la victime sur le plan psychologique. La ministre de l’Education nationale envisage plusieurs mesures : prévues pour entrer en vigueur en 2015 et 2016, elle consisteront à former les enseignants pour qu’ils détectent mieux ces pratiques et les victimes. La ministre a aussi  annoncé la création du prix « Mobilisons-nous contre le harcèlement », pour que les élèves puissent faire de la prévention, en dessinant par exemple. Enfin, un numéro vert (0 808 807 010) pour les familles existe depuis un an. Il a traité 3 619 appels en 2014. Rappelons que toute forme de harcèlement –virtuel ou pas – est un délit, pouvant faire l’objet de poursuites et de condamnations.

 

Brigitte-Fanny COHEN