Prévenir le burn out parental


Le burn out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est un concept bien connu. Mais le burn out parental existe aussi et il serait en nette augmentation.

 

Attention, il ne faut pas confondre le baby-blues et le burn out parental. Le baby blues, c’est cette déprime ou parfois même cette dépression transitoire qui peut survenir après une naissance. En cause : la fatigue liée à la grossesse et à l’accouchement, l’angoisse de se retrouver seule avec un bébé dont il faut décrypter les besoins et les pleurs alors que le compagnon a repris le travail. Et surtout la chute brutale du taux d’hormones après l’accouchement. Dans le burn out parental : pas de phénomène hormonal en jeu. Donc les mères et les pères sont concernés. De plus, le burn out parental peut survenir à tous les âges: quand les enfants sont bébés, mais aussi quand ils sont à l’école primaire, ados, ou même étudiants s’ils vivent encore avec leurs parents.

 

Des aliens indomptables

 

« Le burn out parental a des causes multiples : la tension dans les entreprises est intense, elle se répercute à la maison sur le couple et les enfants. S’ajoute à cela un besoin de perfection aigu dans l’éducation des enfants, l’envie de faire tout bien et vite. Cela créée une fatigue énorme et un stress que les enfants ressentent. Ils manifestent leur inquiétude par beaucoup d’agitation et de provocation. Du coup, les parents ont l’impression d’avoir à la maison des petits aliens qu’ils ne peuvent gérer », explique Liliane Holstein, psychanalyste à Boulogne (92). Le burn out est ce syndrome d’épuisement professionnel qui peut aboutir à une dépression sévère. Même chose pour le burn out parental : « il éclate sur les sensations de fatigue extrême et peut se terminer en dépression massive nécessitant une hospitalisation », poursuit Liliane Holstein qui voit à son cabinet actuellement quatre cas de burn out parental par jour, alors qu’il y a quelques années elle n’en avait que quatre par mois ! Pour prévenir ce phénomène, il faut que les parents sortent de leur culpabilité, de leur désir de tout réussir, et qu’ils acceptent de se faire aider et de consulter. « Il faut aussi ralentir le rythme pour soi et pour ses enfants, et s’autoriser à se reposer », insiste la psychanalyste. Bien sûr, il ne faut pas oublier d’imposer des limites à ses enfants: cela leur permet de bien grandir. Et de ne pas devenir des « enfants rois » insupportables. Cela diminue aussi les risques de burn out parental qui entraîne bon nombre de couples vers la rupture ou la dépression.

 

Brigitte-Fanny COHEN

Pour en savoir plus : « Le burn-out parental, surmonter l’épuisement et retrouver la joie d’être parents », de  Liliane Holstein, Editions Josette Lyon