Détecter le cancer du poumon des années avant le scanner


Des chercheurs de l’Inserm viennent de montrer qu’il est possible de détecter, chez des patients à risque, les signes précurseurs du cancer poumon, bien avant qu’il ne soit visible à l’imagerie médicale.

Il s’agit d’une découverte française majeure, qui donne un réel espoir aux personnes à risque d’avoir un jour un cancer du poumon. Une équipe de l’Inserm a mis au point un test pour détecter les signes précoces de ce cancer, des années avant qu’il ne se déclare cliniquement. Ces résultats prometteurs ont été publiés dans la revue Plos One.

Les chercheurs sont partis de ce constat : les tumeurs diffusent dans le sang des cellules cancéreuses depuis les toutes premières étapes de leur formation, avant même qu’elles ne soient détectables par un examen d’imagerie. Le challenge : identifier ces premières et rares cellules dans le sang afin de gagner cette course contre la montre dans le cancer du poumon. Car on sait que, traité précocement, il offre de meilleures chances de guérison.

Un test sanguin novateur

Un groupe de 245 volontaires fumeurs sans cancer, y compris des patients à risque de développer ultérieurement un cancer du poumon car atteints de Bronchopathie Chronique Obstructive (BPCO), ont été suivis. Objectif : repérer dans leur sang les cellules « sentinelles ». Les chercheurs français ont utilisé un test sanguin novateur et performant qui a permis de mettre en évidence la présence de ces fameuses cellules cancéreuses chez cinq d’entre eux alors que les examens au scanner n’avaient pas permis de détecter de nodule pulmonaire. Plus tard, les cancers se sont développés uniquement sur les personnes ayant ces cellules tumorales détectées dans le sang. Cette découverte permet donc d’optimiser la surveillance des sujets à risque et de les opérer à un stade précoce pour préserver leurs chances de survie. Le suivi d’un an après chirurgie n’a montré aucun signe de récidive chez les 5 patients traités. Et aucun nodule n’a été diagnostiqué dans le suivi des sujets sans cellules cancéreuses identifiées. Il s’agit donc d’une avancée très importante. Mais ce test, considéré encore comme expérimental, ne pourra pas être pratiqué en routine pour l’instant.

 

Brigitte-Fanny COHEN