Jouer d’un instrument pour mieux réussir à l’école


Jouer d’un instrument de musique affine les capacités du cerveau des enfants. C’est le résultat d’une étude scientifique qui devrait créer en cette rentrée une affluence dans les conservatoires.

 

Cette étude, parue dans la revue PLOS One, a été réalisée sur des enfants apprenant à jouer d’un instrument et sur des adultes musiciens professionnels. Ils ont été comparés à des non-musiciens. Des tests psychométriques et des IRM du cerveau ont clairement montré que l’apprentissage de la musique améliore certaines fonctions cérébrales, en particulier les fonctions exécutives. « Le cerveau a deux fonctions : il capte les informations qui lui viennent du monde. Et il agit aussi sur le monde. Les fonctions exécutives, c’est donc le fait d’agir sur le monde : planifier des actions, prendre des décisions, faire des choix… Lorsqu’on joue d’un instrument de musique, cette capacité cérébrale est améliorée.  Les fonctions exécutives sont un fort prédicteur de la réussite scolaire : si on fait de bons choix, si on prend de bonnes décisions, on répond mieux aux questions, on réussit mieux un exercice ou un examen», analyse le Dr Pierre Lemarquis*, neurologue, attaché d’enseignement à l’Université de Toulon.

 

Un plus pour les enfants hyperactifs

 

Cette étude suggère également que l’apprentissage de la musique pourrait être utile aux enfants hyperactifs. Ces derniers, qui souffrent souvent d’inattention et d’agitation, pourraient voir leurs capacités de concentration et leur comportement améliorés en apprenant à jouer d’un instrument. « D’autres études, plus anciennes, ont montré que l’apprentissage de la musique stimule la mémoire, et favorise l’acquisition des langues étrangères et des mathématiques », rappelle le Pr Lemarquis. Compte-tenu de ces résultats qui laissent rêveurs, ne faudrait-il pas donner la possibilité à chaque enfant d’apprendre le piano, la flûte, le violon… Lui laisser du temps libre pour le faire en dehors de l’école ? Et bien sûr lui en offrir les moyens financiers ? Lot de consolation : si on n’a pas eu la chance d’apprendre un instrument, le fait d’écouter de la musique –classique, jazz, moderne- peut aussi, mais dans une moindre mesure, améliorer les fonctions exécutives.

 

Brigitte-Fanny Cohen

 

*Auteur également de « Portrait du cerveau en artiste » et « Sérénade pour un cerveau musicien », aux éditions Odile Jacob