Trop de bébés aux repas déséquilibrés


Pas assez de matières grasses et de fer, trop de protéines et de sel… Les bébés ne mangent pas assez équilibré ! C’est ce que vient de révéler le deuxième volet de l’étude Nutri-Bébé SFAE. Une enquête tirée des données de 1 184 carnets alimentaires.

 

Trop souvent considéré comme « un adulte en miniature » par ses parents, bébé est mal nourri. Dès 12 mois, il peut présenter un déséquilibre nutritionnel. L’enquête montre qu’entre 0 et 1 an, ses besoins sont en général bien respectés, car son alimentation se compose surtout de laits infantiles et d’aliments spécifiques, introduits dans le cadre de la diversification. Mais les choses se gâtent, dès la fin de cette premièreannée de vie, car bébé rejoint trop vite à la table familiale. Il commence à consommer des frites, des sodas, des plats préparés pour adultes, au détriment des aliments spécifiques de la petite enfance. Ces habitudes créent des déséquilibres dans les apports nutritionnels des tout-petits. Ainsi, à partir de 1 an, plus de 80% des enfants ont des apports en lipides (graisses) inférieurs aux apports moyens définis par les recommandations européennes, et 95% des enfants ont des apports en sel supérieurs à ces mêmes recommandations. Entre 2 et 3 ans, environ 3/4 des enfants ont des apports en fer insuffisants et, vers 3 ans, presque quatre fois plus d’apports en protéines que nécessaire.

 

Ne pas négliger les laits de croissance

 

Pourtant, entre 0 et 3 ans, bébé a des besoins spécifiques.
Par exemple, ses besoins en lipides sont 3 à 5 fois plus élevés que ceux de l’adulte. En manquer peut avoir des conséquences dans le développement du cerveau. « En plus, le déficit en fer constaté peut être responsable d’un moins bon développement psychomoteur notamment sur le plan cognitif, d’infections plus fréquentes et peut éventuellement être associé à un ralentissement de la croissance », explique le Dr Jean-Pierre Chouraqui, pédiatre et nutritionniste à l’hôpital Couple-Enfant de Grenoble. « Un apport trop important en protéines et/ou en sel pourrait même avoir un effet néfaste sur le rein dont il augmente le travail d’élimination de façon évidente », précise le pédiatre. Le lait de croissance permettrait d’optimiser les apports nutritionnels s’il était conservé jusqu’à 36 mois, à raison de 500 ml par jour – soit deux biberons quotidiens. Il permet de couvrir les besoins en fer, vitamines, acides gras essentiels… Mais seuls 3 enfants sur 10 en boivent toujours entre 2 et 3 ans.

 

 

Brigitte-Fanny COHEN