Vieillir en bonne santé grâce à Okinawa


Les habitants d’Okinawa, au sud du Japon, détiennent le record mondial de longévité en bonne santé. Leur secret : leur alimentation et leur philosophie de vie.

 

Okinawa est un archipel de 161 îles verdoyantes, aux longues plages de sable fin, bordées d’eaux turquoise. Mais ce n’est pas ce paysage de carte postale qui intéresse les scientifiques : c’est l’extraordinaire longévité de ses habitants. Okinawa compte presque trois fois plus de centenaires qu’en France. Et enregistre la plus grande proportion de « super-centenaires » : 110 ans et plus. C’est donc à Okinawa que l’on vit le plus vieux mais aussi en bonne forme : seulement 3% de grabataires chez ces centenaires, une fréquence des accidents cardio-vasculaires et des cancers hormono-dépendants réduite de 80% par rapport aux pays occidentaux. Sans oublier les risques d’ostéoporose et de démence, très inférieurs.

 

Nutrition et art de vivre

 

Aujourd’hui, on comprend mieux cette énigmatique longévité. Elle s’explique, en partie, parce que les habitants d’Okinawa mangent moins que nous : environ 300 calories de moins par jour que les Français, 500 calories de moins que les Américains. Cependant les habitants d’Okinawa, qui ont gardé la tradition, font des repas rassasiants car ils privilégient les légumes : 78% de leur nourriture est issue du monde végétal. Ils font aussi des choix nutritionnels judicieux, assurant leur protection contre le vieillissement et les maladies liées à l’âge, grâce à une alimentation exceptionnellement riche en antioxydants (que l’on trouve dans les fruits et légumes, le thé vert, le soja), en phytoestrogènes (soja principalement), en magnésium (tofu, soja, soupe miso, légumes verts) et en Omega3 (poissons gras principalement). Autre composante de leur super-longévité : leur art de vivre. Ils ont une perception très positive de l’existence et de puissants outils de gestion du stress : la méditation, le tai-chi, les techniques d’automassage et d’acupressure. Alors qu’en Occident, on gère volontiers son stress par la nourriture : on mange souvent pour se rassurer ou compenser ses frustrations. Par ailleurs, la très grande majorité des Okinawiens s’investit dans des activités, participent à des réseaux de soutien et d’entraide. Les retraités gardent une place valorisante dans la société. Aujourd’hui, chez les plus jeunes, toutes ces traditions sociales et alimentaires ont tendance à se perdre. Et l’espérance de vie de cet archipel risque malheureusement de diminuer.

 

Brigitte-Fanny COHEN