Diagnostiquer le syndrome d’entérocolite induit par des protéines alimentaires chez le nourrisson


 

Du 15 au 18 avril 2014, 2500 spécialistes venus du monde entier ont participé au 9ème Congrès Francophone d’Allergologie, à Paris. Cette réunion scientifiquea mis l’accent sur un problème peu connu des parents mais aussi des médecins.

 

Il s’agit d’une réaction allergique alimentaire trop souvent méconnue qui se manifeste essentiellement après l’ingestion de lait de vache, de protéines de soja ou de riz. Parfois même après l’introduction trop précoce de poisson, de viande ou de légumineuses. « Ces réactions apparaissent souvent dans les premiers mois de la vie : ces bébés vomissent de façon très impressionnante. Le risque majeur est celui de la déshydrat    ation : et c’est un risque vital », avertit le Dr NhanPham-Thi,pédiatre-allergologue à l’hôpital Necker-enfants malades à Paris.Or, au vu des symptômes que présente le nourrisson, les médecins et les parents ont tendance à penser immédiatement à une gastro-entérite. « Il s’agit en réalité d’une allergie au niveau du tube digestif, plus particulièrement de l’œsophage et de l’estomac. Si le bébé n’est pas diagnostiqué et qu’il continue à ingurgiter l’allergène, c’est très dangereux », précise le Dr Pham-Thi.

 

Les fausses pistes

 

Le diagnostic est difficile, souventtardif,compte-tenu des symptômes qui ne sont pas évidents à interpréter.Et des différents tests d’allergologie qui sont tous négatifs.Il est donc important de connaître l’existence de ce syndrome afin  d’éviter les fausses pistes et de poser au plus vite le bon diagnostic. Car il faut supprimer immédiatement l’aliment qui provoque l’allergie. Dans un second temps, on pourra réintroduire progressivement l’allergène, notamment s’il s’agit du lait de vache, car beaucoup de ces bébés allergiques vont le tolérer en grandissant. Lorsque ce n’est pas le cas, il faudra pratiquer l’éviction -autrement dit la suppression totale de l’aliment allergisant-  ou entreprendre un processus de désensibilisation alimentaire sous contrôle médical.

 

Brigitte-Fanny COHEN