Cancer du sein : le tabagisme actif et passif en cause !


 

Deux études scientifiquesaccusent le tabac de favoriser les cancers du sein. Même le tabagisme passif serait concerné.

 

On connaissait évidemment le rôle néfaste du tabac dans de nombreux cancers : surtout celui du poumon et de la gorge. Mais on suspectait depuis longtemps le lien entre tabac et cancer du sein.Aujourd’hui, il ne fait plus de doute grâce à deux études. La première est parue dans la revue de la Société Américaine du Cancer. La seconde a été réalisée par des chercheurs de l’Inserm : elle dénonce le rôle néfaste du tabagisme actif mais aussi du tabagisme passif. « Les produits de la combustion du tabac–dont on sait qu’ils sont cancérigènes- passent dans la circulation sanguine et vont stimuler la cancérisation des cellules du sein.Ils agissent comme des estrogènes, les hormones sexuelles féminines. Fumer c’est finalement comme s’injecter des estrogènes ou avaler comprimés d’estrogènes. Par conséquent cela favorise les cancers du sein : mais seulement ceux qui sont sensibles aux hormones. Ce sont les plus fréquents, mais aussi ceux qu’on soigne le mieux », explique le Pr David Khayat, chef du service d’oncologie médicale de La Pitié-Salpêtrière à Paris.

 

Pas avant la première grossesse

 

Ces études indiquent sans ambiguïté que la consommation active de tabac augmente le risque de cancer du sein de 16 %. Un chiffre non négligeable, compte tenu du nombre de cancers du sein déclarés chaque année en France : environ 52 000. De son côté, le tabagisme passif augmenterait le risque de 10 %. « Commencer à fumer jeune, avant une première grossesse, est problématique. Débuter entre 16 et 26 ans accroit en effet le risque de cancer du sein de presque un quart (22 %), alors que le sur-risque est nul quand la femme commence à fumer après 26 ans. Cela ne signifie pas qu’il faut commencer à fumer après cet âge car le tabac est très nocif pour d’autres organes, comme le poumon », précise le Pr Khayat.Les cellules du sein pourraient être particulièrement vulnérables avant la première grossesse. Quoiqu’il en soit, avec ces deux études, les femmes ont une raison supplémentaire de ne pas fumer… Et ne pas se laisser enfumer.

 

Brigitte-Fanny Cohen