Pour ou contre les yoyos ?


 

Faut-il ou non avoir recours aux « yoyos »pour des enfants souffrant d’otites à répétition ? Une étude en conteste l’efficacité à long terme et suscite la polémique.

 

Environ 50 000 yoyos sont posés chaque année en France : des petits dispositifs médicaux, appelés en termes plus scientifiques « aérateurs transtympaniques ». Une étude publiée dans la revue Pediatrics affirme qu’ils n’apportent pas de bénéfices à long terme. Pas d’impact positif sur l’audition ou le développement intellectuel de l’enfant. «Il faut bien comprendre l’utilité de ces petits objets en forme de yoyo qu’on pose chirurgicalement par une petite incision : ils servent à dégager le tympan d’enfants qui souffrent d’otites séro-muqueusesdans lesquelles des sécrétions –comme de la glu- collent au tympan, ce qui empêche l’enfant d’entendre correctement », explique le Pr Noël Garabédian, chef du service d’ORL à l’hôpital Necker à Paris. Ces otites représentent un problème très fréquent dans la petite enfance, principalement entre 1 et 5 ans. Ces enfants souffrent de douleurs dues à l’infection. Mais surtout de pertes d’audition pouvant aller jusqu’à 30 décibels.

 

A court et à long terme

 

Le yoyo va soulager les douleurs, il permet d’évacuer les sécrétions qui bouchent le tympan. Pourtant, sur le long terme, il n’y aurait –selon l’étude- pas impact sur le développement cognitif et fonctionnel de l’enfant : il n’entendrait pas mieux, il n’aurait pas de meilleurs résultats scolaires plusieurs années après. « Mais ce qui compte c’est le court terme : quand on pose un yoyo, l’enfant retrouve tout de suite une meilleure audition, il comprend mieux ce qu’on lui dit, il écoute davantage sa maîtresse à l’école, il apprend mieux, il améliore son langage. Les parents parlent parfois d’un changement spectaculaire », argumente le Pr Garabédian.Un bénéfice évident que reconnaît l’étude publiée dans Pediatrics et qui dure environ 9 mois, le temps moyen du séjour du yoyo dans le tympan. Un bénéfice très important à un âge où l’on acquiert le langage et quantité de nouvelles connaissances.

 

Brigitte-Fanny Cohen