Etre optimiste pour garder la santé ?


 

Etre optimiste permet de se maintenir en meilleure santé physique et psychique.Mais si on n’est pas optimiste par nature, peut-on le devenir ?

 

L’optimisme favorise un mieux-être, une certaine sérénité. Il peut aussi repousser le spectre des maladies cardio-vasculaires, ou bien accélérer un processus de guérison. Dans son dernier livre, « Optimiste », aux éditions Odile Jacob, le psychiatre Alain Braconnier en explique les mécanismes.« L’optimisme a généralement des effets sur les capacités d’anticipation des événements favorables, sur le sentiment de pouvoir surmonter les difficultés, sur le désir de combattre plutôt que de se résigner. L’optimisme apporte ainsi des contre-feux au sentiment d’impuissance que le stress et l’anxiété suscitent ». Les travaux scientifiques l’ont confirmé : il y a moins de dépressions chez les optimistes. Et notamment moins de dépression du post-partum chez les femmes optimistes qui viennent d’accoucher. « Etre optimiste a vraisemblablement un impact direct sur le cerveau et les neurotransmetteurs : par exemple, le fait de rire libère des endorphines qui provoquent un mieux-être ».

 

Le verre à moitié plein

 

Voir la vie du bon côté a aussi des effets sur la santé physique. « Il existe notamment une forte association entre l’optimisme et la santé cardio-vasculaire : ce trait de caractère favorise une tension moins élevée. Et les optimistes ont aussi des comportements plus favorables : ils ont moins besoin de fumer ou de manger en excès car ils sont plus équilibrés psychiquement », souligne le Dr Braconnier. L’optimisme a d’autres vertus : il ralentit l’aggravation de certaines maladies, il accélère le processus de guérison après certaines interventions chirurgicales : une étude a montré notamment une récupération plus rapide après un pontage coronarien. Il permet de mieux supporter les douleurs de la polyarthrite rhumatoïde ou encore les acouphènes… Ces constats étonnants poussent à être optimiste. Mais comment le devenir si on ne l’est pas par nature ? Peut-on changer? « Rien n’est figé dans le cerveau.Pour devenir optimiste, il faut savoir écarter les regrets, regarder le verre à moitié plein et non à moitié vide, accepter qu’il y ait des problèmes impossibles à résoudre. Et surtout il faut retrouver l’enfant qu’on a été : savoir à nouveau s’émerveiller sur la beauté du monde etmettre un grain de fantaisie dans sa vie », conseille le Dr Braconnier. Bien sûr, on ne peut pas se métamorphoser d’un coup de baguette magique. Si on n’y arrive pas tout seul, on peut faire appel à un professionnel, psychologue ou psychiatre, pour faire un travail sur soi-même et essayer de passer du pessimisme à l’optimisme.

Brigitte-Fanny COHEN