Le sommeil : le meilleur allié du coeur


Une étude devrait inciter les amateurs de nuits blanches à dormir davantage. L’enjeu : la prévention de la santé cardio-vasculaire.

Des chercheurs hollandais se sont intéressés à plus de 12 000 personnes, hommes et femmes, qu’ils ont suivies pendant 14 ans. Objectif : savoir comment, au fil du temps, leur mode de vie influençait leur santé. Comme ces scientifiques s’y attendaient, quatre préceptes doivent être respectés : exercice physique, alimentation équilibrée, pas de tabac, peu d’alcool. Ceux qui avaient adopté ces vertueux comportements, faisaient chuter de façon vertigineuse leur risque cardio-vasculaire : ils réduisaient de 57% le risque d’infarctus et autres maladies cardiaques, mais aussi le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Et de 67% le risque de mourir de ces maladies ! Mais les chercheurs se sont aussi intéressés à la qualité et à la quantité du sommeil. Et là : surprise ! « Les personnes qui respectaient ces quatre facteurs mais qui, en plus, dormaient 7 à 8 heures par nuit voyaient leur risque cardio-vasculaire chuter de 65%, et leur risque de mourir par attaque cérébrale ou infarctus dégringoler de 85%. Cela veut dire que le sommeil a un impact majeur sur la santé cardio-vasculaire», souligne le Pr Damien Léger, Directeur du Centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel Dieu à Paris.

Noctambules, attention !

Des résultats édifiants qui devraient pousser les noctambules à dormir un peu plus. « Lorsqu’on dort suffisamment, le rythme cardiaque et la tension artérielle diminuent, en mettant au repos le système cardio-vasculaire. Si le sommeil est réduit, ou fragmenté comme dans les apnées du sommeil, cela ne permet pas au cœur de se récupérer suffisamment. D’où ce risque accru de maladies cardio-vasculaires », explique le Pr Damien Léger. Cette étude adresse prioritairement un message à tous ceux qui se privent de sommeil pour sortir le soir ou passer plus du temps sur l’ordinateur ou devant la télé. La bonne dose, c’est 7 et 8 heures par nuit. Si, pour des raisons professionnelles, on ne peut dormir que 5 ou 6 heures, on peut toujours se rattraper avec une bonne sieste dans la journée.

Brigitte-Fanny Cohen