Addict à la course à pied


La course à pied attire de plus en plus d’adeptes. Mais certains sont accros : il s’agit d’une vraie dépendance.
Une étude a confirmé le succès grandissant de la course à pied. 5,9 millions de Français pratiquent la course à pied régulièrement ou occasionnellement : 3,9 millions d’hommes et 2 millions de femmes. La grande majorité des coureurs -encore appelés runners – a entre 25 et 50 ans. 53%, hommes et femmes confondus, pratiquent occasionnellement, 41% courent régulièrement 2 à 4 fois par semaine, et 5% font des compétions : semi-marathons, marathons etc…. La première motivation de ces adeptes de la course à pied : c’est la santé. Objectif : avoir une bonne hygiène de vie, prendre soin de son corps et prévenir un certain nombre de maladies.

Du sport à l’addiction

Mais l’étude montre aussi que chez certains adeptes, la pratique est assidue et addictive. Au fur et à mesure, ce sport –que l’on choisit au début pour être en forme- devient comme une drogue : les personnes courent toujours plus. Elles se fixent des objectifs de plus en plus ambitieux : courir les marathons de Paris, de New-York, s’entraîner sans cesse à l’heure du déjeuner ou après le travail, au détriment de leur vie personnelle, de leur santé physique et psychique. Des études suggèrent que le running favorise la sécrétion de neurotransmetteurs -dopamine, sérotonine- qui déclenchent, comme les Américains le nomment, « le runner high », autrement dit l’ivresse du coureur.

 Cette dépendance peut aussi provoquer des troubles du comportement alimentaire, avec une mise à l’écart des « mauvais » aliments au profit des « bons ». Ce qui peut mener à une perte de poids importante. L’addiction à la course à pieds est souvent silencieuse, car le running -ou le fait de pratiquer un sport en général- est valorisant. C’est une dépendance qui, du coup, est plus difficile à reconnaître. Quand elle est diagnostiquée, elle peut être soignée. Les psychothérapies ont généralement pour objet de redonner une vraie place aux choses – donc au sport, à la course – en libérant les personnes atteintes de cette force intérieure qui les met dans l’obligation de courir. L’idée, c’est de se débarrasser de cette sensation d’ivresse et d’extrême bien-être que procure la course. Et retrouver en courant des sensations normales.

Brigitte-Fanny COHEN