Vacciner la future maman pour mieux protéger bébé


Les vaccins, autrefois prohibés en bloc pendant la grossesse, seraient vus d’un meilleur œil par le corps médical: certains pourraient être bénéfiques pour le bébé à naître !

Oubliées, les craintes liées à la vaccination de la femme enceinte ? De plus en plus d’études, dont la dernière parue dans le JIM (Journal International de Médecine), le laissent penser, du moins, pour quelques vaccinations bien précises, comme celle de la grippe et de la coqueluche, en période d’épidémie. La conviction d’un intérêt à vacciner la femme enceinte est si forte, qu’aux Etats-Unis et au Royaume Uni, on n’hésite plus, depuis déjà plusieurs années, à proposer un TDca (tétanos, diphtérie, coqueluche acellulaire) aux femmes enceintes au cours du troisième trimestre de leur grossesse, afin qu’à sa naissance, l’enfant possède le taux le plus élevé possible d’anticorps maternels protecteurs contre ces trois infections, particulièrement la coqueluche en recrudescence actuellement. Objectif poursuivi : prévenir les formes graves, voire mortelles, chez nouveau-né avant trois mois. Des cas peu fréquents, mais qui ne seraient pas si exceptionnels. En France on ne vaccine pas encore les femmes enceintes contre la coqueluche, mais si les études réalisées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis confirment bien l’intérêt de cette politique vaccinale, la position française pourrait changer.

 

Net bénéfice de la vaccination antigrippale

 

La France, elle, préconise de vacciner les femmes enceintes contre la grippe au moment des épidémies. Cette vaccination s’avère positive pour la future maman et l’enfant à naître : une étude, publiée dans la revue The Lancet, a montré que 10 % des formes graves de l’infection grippale touchaient des femmes enceintes, soit une très nette sur représentation de ces dernières. D’autre part, la fièvre relativement élevée observée au cours d’un épisode de grippe habituel, peut favoriser une fausse couche chez la femme enceinte (mais pas la fièvre inhérente à une vaccination). Enfin, les tout petits qui attrapent la grippe, présentent un risque accru de mortalité avant trois ans. Pour toutes ces raisons, la question de vacciner les femmes enceintes, s’est posée. Elle s’est même posée de façon accrue durant la pandémie grippale à virus H1N1 en 2009. Or les données de l’époque montrent que les nouveaux-nés de mères vaccinées contre la grippe, encouraient moins de risques d’hospitalisation et de complications sévères au cours de leurs six premiers mois de vie, que les nouveaux nés dont les mères n’avaient pas reçu le vaccin. Les anticorps passent bien de la mère au foetus via le placenta. Le nourrisson reçoit donc une protection durant les six premiers mois de sa vie. Mais tous les vaccins ne sont pas conseillés pendant ces neuf mois si particuliers, loin de là. Attention notamment aux voyages exotiques, dans certains pays d’Afrique ou d’Asie: beaucoup de vaccins ne peuvent pas être administrés et certaines maladies peuvent carrément compromettre les suites d’une grossesse.

 

Brigitte-Fanny COHEN